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Présidentielle: Pour Mélenchon «la victoire [aux législatives] est au bout des doigts».

Au lendemain du débat et à trois jours du second tour, les deux candidats sont en Seine-Saint-Denis et dans les Hauts-de-France ce jeudi. Objectif : séduire les classes populaires.

Paris, le 21 avril 2022. Meeting de Jean-Luc Mélenchon à la Maison de la Chimie. (Stéphane Lagoutte/Myop pour Libération)
Publié le 21/04/2022 à 8h29, mis à jour le 21/04/2022 à 22h01

Après les échanges parfois tendus à la télévision mercredi soir, Emmanuel Macron et Marine Le Pen reprennent les déplacements ce jeudi. Le premier est cet après-midi en Seine-Saint-Denis, où Jean-Luc Mélenchon avait écrasé la concurrence le 10 avril. Quant à la candidate d’extrême droite, elle est actuellement sur ses terres, dans les Hauts-de-France.

Le 21/04 à 21H54

Mélenchon: «la victoire [aux législatives] est au bout des doigts». A la Maison de la Chimie à Paris, dans une salle comble, Jean-Luc Mélenchon réitère sa proposition. Il demande aux Français de «l’élire» Premier ministre à l’occasion des élections législatives en juin. «Le pouvoir d’un Premier ministre est considérable», a-t-il répété. Pour cela, il compte ressortir la carte de l’union de la gauche. «Il faut dépasser» les rancœurs contre le reste de la gauche, a aussi tonné le leader insoumis. Mélenchon a admis que «des contacts informels sans exclusive» avaient lieu ces jours-ci avec les autres formations de gauche. Les têtes pensantes insoumises étaient ce matin en réunion avec les communistes. Aujourd’hui «L’union populaire est en tête dans 104 circonscriptions. Et elle réunit 1,5 millions de voix de plus que ce qu’a réuni Macron aux législatives de 2017 [...] La victoire est au bout des doigts». Et le leader Insoumis de conclure: «Quant à moi, je vais bien et je compte vous en faire bénéficier tous».

Le 21/04 à 20H54

Sur France 2, Emmanuel Macron dresse aussi la fiche de poste de son futur Premier ministre en cas de réélection. Un Premier ministre auquel il entend confier «la planification écologique», concept pioché dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, dont les 22 % de voix recueillies au premier tour intéressent le finaliste. Avec la planification écologique à Matignon, il s’agit de «se donner des objectifs, investir, accompagner les ménages, les agriculteurs, les industriels. On doit aller deux fois plus vite (dans la transition) que ces cinq dernières années», explique le Président. Qui se charge de son autosatisfecit : concernant les baisses d’émission de CO2, «on va déjà deux fois plus vite que prévu.» Anne-Sophie Lapix lui fait remarquer que ce chiffre, martelé par la majorité, ne tient pas compte des importations, qui augmentent. Bien vu. «Oui mais pas que», tente Macron. Un peu quand même.

Le 21/04 à 20H50

En visite à Saint-Denis, Macron bichonne les «quartiers» et attaque le projet de «discorde» de Le Pen. En déplacement en Seine-Saint-Denis, le président sortant a multiplié les appels du pied aux habitants de la sous-préfecture francilienne, où Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête au premier tour. Il s’est défendu d’avoir méprisé son adversaire d’extrême droite lors du débat télévisé. Sur la grande place de Saint-Denis, Mamoud, 62 ans attend le Président. «Macron, ce n’est pas ma tasse de thé», concède ce professeur dans un lycée professionnel de la ville. Il a voté Mélenchon le 10 avril, mais choisira Macron dimanche. «Lui, c’est un républicain. Je n’ai pas envie de me retrouver avec une espèce de dingue au pouvoir qui raconte n’importe quoi.» Dans cette ville de Seine-Saint-Denis où la population d’origine étrangère est importante, le projet xénophobe de la candidate du Rassemblement national est un repoussoir. «Tout ce qu’elle raconte sur le voile dans l’espace public, c’est débile», complète Mourad, 53 ans, lui aussi prof en lycée pro. Au premier tour, il a voté Mélenchon, «le seul qui respecte les immigrés». Originaire d’Algérie, il dit : «On est obligés de faire barrage. Avec Le Pen, on n’a pas le choix.» Lire la suite de notre reportage.

Le 21/04 à 20H46

Sur France 2, Macron fait le SAV de sa réforme des retraites. Invité du JT, Emmanuel Macron rappelle sa proposition d’indexer les pensions de retraite sur l’inflation dès juillet prochain (au lieu de janvier 2022). Il mise sur une augmentation de 4 ou 4,5 % soit 60 euros par mois pour une pension en moyenne. Quant à sa proposition de porter le montant minimum de retraite pour une carrière complète à 1 100 euros mensuels, le président-candidat vise une entrée en vigueur en janvier 2022. Pilule plus amère et sparadrap de la campagne de Macron : le report progressif de l’âge légal de départ à 65 ans. Le 11 avril, Macron a quelque peu édulcoré cette mesure qui ne passait pas. Une «clause de rendez-vous» en 2027 sera «une bonne respiration», estime-t-il, interrogé par Anne-Sophie Lapix. A la fin du prochain quinquennat, l’âge légal serait alors porté à 63 ans et 8 mois. Les 65 ans, ce serait pas avant 2031.

Le 21/04 à 19H53

Le déplacement du candidat Macron à Saint-Denis sous l’œil du photographe Albert Facelly

Le 21/04 à 19H44

A Arras, Marine Le Pen appelle à un front anti-Macron. La candidate d’extrême droite, fragilisée par sa prestation médiocre lors du débat télévisée a attaqué avec force, à son dernier meeting à Arras jeudi, son adversaire Emmanuel Macron, d’une «arrogance sans limites», qui «n’aime pas les Français». Elle a appelé à un «front anti-macron» se présentant comme «la présidente du respect». «J’en ai assez de cet irrespect permanent : je serai la présidente du respect des Français et je sais qu’ils attendent désespérément du respect», a lancé la candidate du Rassemblement national, depuis plus de 3 000 militants qui ont hué à plusieurs reprises le président sortant. Au débat télévisé qui a opposé mercredi les deux candidats «on a vu un Emmanuel Macron nonchalant, condescendant, et d’une arrogance sans limites», a taclé la prétendante à l’Elysée. «Un président ne devrait pas se tenir comme cela. Mais sommes-nous vraiment étonnés ? Son attitude d’hier soir, son dédain, c’est celui avec laquelle il traite les Français depuis bientôt 5 ans», a-t-elle lancé.

Le 21/04 à 19H31

Jadot député ? Un cadre d’EELV analyse le paragraphe très (très) sibyllin sur les législatives écrit par Yannick Jadot dans une tribune au Monde sur le second tour : «A quoi sert ce paragraphe, il ne dit rien, à part montrer qu’il parle législatives», s’amuse cette source auprès de l’AFP. Pour l’heure, «Jadot est en vacances, on ne l’a pas vu depuis le premier tour». Sera-t-il député après la gifle reçue au premier tour de la présidentielle (4,6 %) ? «Pour être député, il faut être élu», enchaîne ce maître en tautologies, soulignant que cela pourrait être délicat. «Jusqu’à la présidentielle, il ne se posait pas la question. Et maintenant, est-ce qu’il considère qu’il faut faire une coalition avec LFI ?», pointe cet élu vert à propos des négociations difficiles entamées avec le camp Mélenchon. Dans cette tribune Jadot appel à voter Macron «sans plaisir mais sans hésitation» et souhaite souhaite un «bloc écologiste, social et républicain puissant» aux législatives.

Le 21/04 à 18H48

Ces profs qui ne voteront pas Macron. Avant le premier tour, près d’un tiers des enseignants se disaient prêts à refuser de voter pour Macron ou pour Le Pen dans le cas d’un duel final entre les deux candidats. A quelques jours de l’échéance, rencontre avec ceux qui se tiennent à cette ligne. «Je ne peux pas voter pour un candidat contre lequel je sais que je vais descendre dans la rue», estime par exemple Grégoire. Lire notre article.

Le 21/04 à 18H37

Devant un lycée parisien bloqué, on veut «pas une voix pour Le Pen, pas de répit pour Macron». Les étudiants et lycéens mobilisés contre l’affiche du deuxième tour de la présidentielle poursuivent leurs blocages sporadiques. Mots d’ordre : faire barrage à l’extrême droite et s’organiser pour le quinquennat à venir. Ils entendent déjà aller crier leur colère dimanche soir, dans la rue, aussitôt le résultat connu. Lire notre article.

Le 21/04 à 18H11

Lula appelle à «vaincre l’extrême droite» en France. L’ancien président brésilien Lula da Silva, soutien de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne, prend position pour le second tour de la présidentielle. «Il est fondamental de vaincre l’extrême droite et son message de haine et de préjugés», écrit-il sur Twitter. Il estime que «le futur de la démocratie est en jeu en Europe et dans le monde». Son texte est accompagné d’une photo avec Macron qui suggère de voter pour le candidat LREM.

Le 21/04 à 18H07

Roussel appelle les responsables de gauche à se retrouver lundi pour parler législatives. Lors d’une conférence de presse ce jeudi, Fabien Roussel a invité les Insoumis, les communistes, les socialistes et les écologistes à se retrouver «dès lundi», dans «un lieu neutre» pour discuter des législatives et «additionner les forces de gauche» au lieu de «les effacer». Le candidat communiste à la présidentielle, qui a obtenu 2,3 % des voix au premier tour, a par ailleurs appelé une nouvelle fois les électeurs «à ne pas se tromper de colère» dimanche, et «à utiliser le bulletin Macron pour battre Marine Le Pen dans les urnes».

Le 21/04 à 17H56

Jean-Luc Mélenchon tient une conférence à Paris ce soir à 19h30. Depuis le premier tour, il se faisait discret. Mardi, le leader de l’Union populaire rompait le silence en accordant une interview à Bruce Toussaint. Ce jeudi soir, Mélenchon s’exprimera à nouveau longuement. Rendez-vous est donné à ses militants et aux cadres insoumis à la Maison de la chimie à Paris. Face à l’afflux de personnes inscrites, les organisateurs ont décidé d’ouvrir une deuxième salle. La prise de parole de Mélenchon sera aussi retransmise en direct sur sa chaîne YouTube. Dans son discours, le troisième homme de la présidentielle devrait revenir sur le second tour de dimanche qui opposera Macron à Le Pen. Il évoquera aussi «les suites de la lutte populaire», indique son équipe. Mardi, il avait surpris son monde en demandant aux Français de l’«élire Premier ministre».

Le 21/04 à 17H41

«Rien n’est joué», prévient Macron. «Je suis déterminé, concentré, engagé. Et pour moi rien n’est joué», a affirmé le président candidat au cours d’un déplacement consacré aux banlieues et à la rénovation urbaine en Seine-Saint-Denis, où il a tenu à défendre son bilan. Il a critiqué le financement du programme de sa rivale Marine Le Pen et a appelé ses partisans à «redoubler d’efforts» avant le second tour de la présidentielle.

Le 21/04 à 17H29

Le débat Macron-Le Pen vu par les journalistes qui les suivent. La magie a-t-elle opéré pour les deux finalistes de la présidentielle ? Macron a-t-il réussi à paraître proche des gens ? Le Pen a-t-elle surmonté 2017 ? Et surtout : ce débat aura-t-il un effet sur le vote ? Le service politique de Libération revient sur les moments forts du débat d’entre-deux-tours, ses coulisses et les réactions suscitées dans chaque équipe de campagne. A écouter ici.

Le 21/04 à 17H13

Eric Piolle, maire écolo de Grenoble, appelle à voter Macron. «Il n’y a qu’un seul geste qui permette de ne pas laisser exprimer la haine, votons Macron, et dans la foulée construisons les victoires de juin», affirme-t-il dans une vidéo diffusée sur Twitter. Le candidat déchu de la primaire écologiste appelle désormais à un rapprochement entre son parti et celui de Jean-Luc Mélenchon pour les législatives.

Le 21/04 à 17H00

Macron joue la carte d’une «start-up nation» inclusive. L’expression provoque l’hilarité mais lui n’a pas peur du ridicule. Dans une interview accordée à The Big Whale, média spécialisé en cryptomonnaies, le président-candidat affirme toujours «revendiquer» le terme de «start-up nation». Entre 2017 et 2021, la France est passée de trois licornes (ces start-ups valorisées à plus d’un milliard de dollars) à 26. Son objectif, pour 2030, est fixé à 100 licornes français et 10 géants européens. Après un bref cours d’histoire sur les révolutions industrielles en France, il conclut, ému : «C’est l’innovation, l’audace et le génie français qui ont fait notre grandeur et notre réussite.» Interrogé sur les techniques à mettre en place afin de lutter contre la fracture numérique que ces innovations peuvent engager, il rappelle son bilan : «Près de 2000 maisons France Services ont été ouvertes, et 4000 conseillers numériques accompagnent quotidiennement nos concitoyens dans leur maîtrise quotidienne des outils numériques.» Avec une promesse à la clés : «Si je suis élu, je pérenniserai ces postes et je doublerai leur nombre.»

Le 21/04 à 16H46

Pour Emmanuel Macron, le métavers doit faire partie de la politique culturelle. Dans une interview accordée à The Big Whale, le président-candidat est revenu sur sa volonté de construire un «métavers européen». Un projet pour la première fois évoqué lors de la présentation de son programme, en mars. Auprès du média spécialisé en cryptomonnaies, il relève que la France dispose déjà d’un «terreau très fertile d’acteurs», notamment dans les domaines de la réalité virtuelle, des jumeaux numériques, des technologies de blockchain… «Je veux que nous nourrissions une approche stratégique et surtout un écosystème sur ces sujets», souligne-t-il. Relevant «l’immense potentiel» du métavers dans le domain de la culture, avec l’organisation de concerts ou encore d’exposition artistiques, il souligne : «Nous ne pouvons réfléchir notre politique culturelle en dehors de cette révolution.» Une innovation qui devrait aussi permettre de mettre en scène la France, qu’il s’agisse de son histoire ou son patrimoine. «Quel formidable projet que de penser ce que serait une historiographie numérique de notre histoire collective», s’émeut-il.

Le 21/04 à 16H28

Blocages dans les lycées parisiens. Des lycéens se sont à nouveau mobilisés ce jeudi à Paris, bloquant des établissements pour faire entendre leur voix dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, après une première mobilisation mardi et dans le sillage du mouvement étudiant lancé la semaine dernière. Le blocage est toujours en cours au lycée Voltaire, situé dans le XIe arrondissement de la capitale.

Le 21/04 à 16H00

Macron a appelé le magicien Gérard Majax après l’avoir cité lors du débat. «Emmanuel Macron m’a gentiment appelé ce matin pour s’excuser en disant : «Je suis navré parce que je vous ai fait rentrer dans le débat.» J’ai cru que c’était Laurent Gerra. Il voulait savoir ce que je devenais, comme ça allait, comment ça se passait ma vie, en disant qu’il m’aimait bien depuis longtemps, et que c’était l’occasion d’avoir de mes nouvelles», a raconté Gérard Majax au micro de RTL ce jeudi matin. La veille, lors du débat de l’entre-deux-tour, le président candidat avait eu cette phrase face à son adversaire : «Ce n’est pas Gérard Majax ici madame Le Pen» en référence au prestidigitateur qui a connu son heure de gloire dans les années 70. L’INA a exhumé un des tours de l’intéressé.

Le 21/04 à 15H40

Les candidats n’étaient «pas à la hauteur» mercredi soir sur l’écologie selon les activistes environnementaux. Le débat de l’entre-deux-tours a fait un peu de place à l’écologie. Mais en se focalisant sur la seule question de l’énergie, Marine Le Pen et Macron sont loin d’avoir présenté un projet de société cohérent avec l’urgence environnementale, regrettent les ONG. Lire notre article.

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