Jean-Pierre Garnier fait faire le tour de sa commune à bord de sa Citroën. Il est le maire de Chalindrey, en Haute-Marne. Beaucoup de pavillons. Des vieux qui datent des années 70, des neufs, d’autres en construction. Bientôt, ici, il y aura un parc arboré avec un bassin de récupération d’eau de pluie et sa grappe de quenouilles, 18 nouvelles maisons vont sortir de terre. On a une zone goudronnée pour le marché du jeudi. Plus haut, après la rue des Adieux : chantier de remise en état de la voirie pour les logements sociaux. Sans ça, pas un chat sur les trottoirs ou presque, des voitures alignées devant les baraques. La ville est paisible, mais paraît muette, les yeux mi-clos d’un réveil fragile. Le ballet des camions de ferrailles passe le pont vers l’usine où poireautent des wagons à démanteler. S’y entrechoquent deux époques.
Les épisodes précédents
Là, on a mis des modules de skate et restauré les terrains de football. Gamin, Jean-Pierre Garnier jouait stoppeur, du temps où le club évoluait en bonne division. Il est né dans une maison des rues anciennes, en face de l’hôtel de ville. Il a 71 ans et est entré au conseil municipal en 1989. L’intérieur de la mairie est bardé de photos aériennes, avec parfois un dessin du plan de réaménagement, lancé il y a dix ans. On voit bien les rails autour de Chalindrey, et cet énorme bâtiment rond et gris qu’on appelle la rotonde. Elle est un garage à locomotives, avec au milieu sa plaque tournante pour ranger les machines dans leurs niches après le service. Pa




