Et la petite musique est devenue fanfare. Composé il y a dix ans par un obscur écrivain dandy, Renaud Camus, le thème du «grand remplacement» a un temps été cantonné aux seules marges : ici à l’honneur dans une convention sans lendemain visant à unir les droites extrêmes ; là dans le manifeste d’un terroriste ayant massacré, en 2019, 51 personnes à Christchurch (Nouvelle-Zélande). De fait, la formule prétend décrire un phénomène assez radical : en France, le peuple autochtone (comprenez : les blancs) serait en voie de disparition sous l’effet de l’immigration extra-européenne. Le tout avec la complicité, si ce n’est la volonté consciente, d’une élite mondialisée. De taboue, l’expression est ensuite passée au niveau d’un quasi lieu commun, ânonné à longueur de matinales ou de plateaux télés par nombre de politiques de droites plus ou moins extrêmes. «Les chiffres le démontrent», assène Eric Ciotti, candidat à la primaire Les Républicains (LR). «Il pointe une réalité qui est juste», lui fait écho Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN). Dernier en date, Christian Jacob, patron de LR, a utilisé la formule mercredi, non pour la dénoncer, mais pour rappeler à Eric Zemmour qu’«on ne p
Extrême droite
«Grand remplacement» : le grand embarras du RN
Réservé aux abonnés
Le concept, clé de voute de la popularité d’Eric Zemmour, séduit largement dans les droites radicales, sans pour autant faire l’unanimité. Un vocable jugé trop complotiste par Marine Le Pen.
Stéphane Ravier, adepte du concept de «grand remplacement» lors du congrès du RN le 3 juillet à Perpignan, (Denis Allard/Libération)
Publié le 23/09/2021 à 20h21
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus