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Gratuité à la cantine, Ehpad et mutuelle municipale… Le Printemps marseillais vend ses premières propositions

L’équipe du maire sortant, Benoît Payan, a présenté ce lundi 19 janvier plusieurs mesures sociales en vue des élections de mars. Une manière de ne pas laisser le champ libre aux insoumis, qui ont déjà détaillé leur «programme de rupture».

Le maire sortant et candidat du Printemps marseillais, Benoit Payan, à Marseille le 10 janvier. (Patrick Gherdoussi/Libération)
Publié le 19/01/2026 à 19h44

Après la démonstration de force du Rassemblement national (RN) ce week-end à Marseille, avec Marine Le Pen venue spécialement de Paris soutenir le candidat d’extrême droite Franck Allisio ; après les premières mesures «de rupture» présentées jeudi par le candidat insoumis Sébastien Delogu ; et en attendant que Martine Vassal, à droite, détaille également son programme pour les municipales après son annonce, si elle est élue à la mairie, d’une gratuité des transports en commun jusqu’à 26 ans, le Printemps marseillais se met en ordre de bataille. L’équipe de campagne du maire sortant désormais déclaré, Benoît Payan, avait convié la presse ce lundi 19 janvier pour «une première présentation du programme».

En fait, de programme, c’est surtout une «méthodologie» qui a été présentée. Comme pour répondre aux critiques d’un candidat ayant officialisé seul son entrée en campagne sous les couleurs du Printemps marseillais, «rassemblement de la gauche, des écologistes et des citoyens pour Marseille». Arnaud Drouot, directeur de campagne, soupèse ainsi un gros tas de feuilles A4 imprimées : les comptes rendus des «74 ateliers thématiques» organisés depuis septembre et qui ont réuni selon lui «1 125 participants», soit en moyenne une quinzaine de personnes à chaque fois, des parents d’élèves, syndicalistes, chefs d’entreprise, responsables associatifs, étudiants, collectifs… «Tout ce que Marseille compte de société civile organisée, vend-il. On est partis d’une page blanche, on est en train de faire une synthèse pour sortir des propositions de terrain.»

1 000 places d’hébergement d’urgence

Si l’intégralité du programme doit faire l’objet d’une présentation générale d’ici deux à trois semaines, chaque thème aura sa conférence dédiée et son binôme «élu-expert». Au sous-sol du local de campagne, logé dans une ancienne agence bancaire du bas de la Canebière, Audrey Garino, adjointe PCF au maire chargée de la solidarité, inaugure l’exercice, rappelant que «l’engagement pour une ville plus juste» figure parmi «les grandes priorités» du mandat. «La concertation avec des acteurs qui ont une expertise, c’est notre méthode de travail depuis six ans, pour penser ensemble des politiques publiques», pose-t-elle. A ses côtés, Cécile Suffren, directrice de l’association Habitat alternatif social, vante les mérites des projets menés sur l’hébergement d’urgence, à l’image de l’Auberge marseillaise pour les femmes et enfants vulnérables et, à la Belle de Mai, de la Grande Maison pour les sans-abri. Près de 500 places ont ainsi été ouvertes dans des bâtiments municipaux. Le Printemps marseillais souhaite en créer 1 000 supplémentaires.

Parmi la vingtaine de mesures de lutte contre la précarité, il y a aussi la création d’un «pass solidarité Marseille», pour permettre un meilleur accès aux droits et prestations, notamment sur la gratuité de la cantine, le doublement des repas gratuits pour les étudiants, ainsi que celui des toilettes et des fontaines publiques, l’ouverture d’un Ehpad ou encore la création d’une mutuelle municipale. Cette dernière «mesure forte de pouvoir d’achat» est un «un engagement majeur», selon Benoît Payan, qui l’a divulguée la veille dans une interview à France 3 Provence. Elle figure aussi au chapitre santé du programme de la France insoumise.

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