
«J’arrête pas de me demander pourquoi on m’écouterait, moi» : pour les municipales, comment les listes citoyennes tentent de raccrocher les dégoûtés de la politique
La politique lui «fait peur», dit-elle, alors elle s’est avancée sur le seuil avec un demi-sourire réticent, l’air déjà assez accaparée comme ça, à jongler entre deux enfants qui trépignent derrière la porte et, à bout de bras, les contorsions de ce chat prêt à lui échapper pour dévaler l’escalier. Employée dans une banque d’Angoulême la journée, mobilisée le soir par sa vie de mère solo «à 100 000 à l’heure», Julie n’escomptait pas spécialement qu’on vienne l’entreprendre sur l’élection municipale à l’heure du dîner. Elle n’y pensait surtout pas, n’avait pas vu l’échéance se profiler pour les 15 et 22 mars, et n’est plus même sûre d’être encore inscrite sur les listes électorales – mais enfin, il n’est pas trop tard, elle a encore jusqu’au 6 février pour ça.
Du reste, si elle déplore que le centre-ville, où elle réside, «se dégrade, en se vidant de commerces et des lieux de vie», la quasi-quadra ne pense «rien» de son maire, Xavier Bonnefont (Horizons), en lice pour un troisième mandat. Ne se rappelant