«Ne pas singer le RN.» Dans un entretien accordé au Monde ce jeudi 18 décembre, Xavier Bertrand a de nouveau rejeté toute alliance de son parti, Les Républicains, avec l’extrême droite. «C’est nourrir ce que l’on prétend combattre, tout en se condamnant à l’effacement», a déclaré le président des Hauts-de-France, rejetant en bloc le terme «union des droites», qui désigne l’alliance entre la droite traditionnelle et l’extrême droite, dont le Rassemblement national.
Très sévère à l’égard des dirigeants de son parti, il est revenu sur les consignes de vote du président de LR, Bruno Retailleau, qui avait appelé à «ne pas voter pour la gauche» au second tour d’une législative partielle dans le Tarn-et-Garonne, où l’extrême droite l’a finalement emporté. Il estime qu’il aurait été «avisé de dire» : «Pas une voix pour le candidat soutenu par le RN».
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«De mon côté, je le dis clairement : ni RN ni LFI, à LR, j’entends surtout ni LFI ni LFI», a-t-il insisté dans les colonnes du quotidien, alors que deux poids lourds à droite, Nicolas Sarkozy et François Fillon, se sont récemment prononcés contre le front républicain. Xavier Bertrand indique également refuser que la droite soit «obsédée par la place prise par l’extrême droite» et que «certains semblent avoir renoncé à se battre, se disant que leur avenir est peut-être de monter sur le porte-bagages du RN».
«Le RN n’est pas imbattable»
Pour le président de la région Hauts-de-France, qui refuse de participer à une primaire allant de Gérald Darmanin (Renaissance) à Sarah Knafo (Reconquête), comme le voudrait Laurent Wauquiez, patron du groupe LR à l’Assemblée nationale, «le RN n’est pas imbattable» et il ne faut pas céder au «défaitisme» malgré sa prépondérance dans les sondages. A l’instar de son homologue LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, opposée à un rapprochement avec le Rassemblement national.
«Beaucoup, à droite, ne parlent plus que d’immigration et de sécurité», poursuit le président de région, mais «un projet de société ne peut se résumer à cela». «En politique, seuls les résultats comptent, la crise de la politique est une crise de sens mais, avant tout, une crise du résultat», assure-t-il.
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Interrogé sur les médias appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré, Xavier Bertrand constate qu’il «ne correspond pas aux critères de leurs invités réguliers». «Je crois au pluralisme entre les médias privés et je suis un défenseur de l’audiovisuel public, sans nier le besoin de réforme», ajoute-t-il, alors qu’une commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public se tient actuellement au Sénat, voulue par les députés UDR, parti d’Eric Ciotti, allié au RN.




