On n’a toujours pas bien compris ce qu’entendait débusquer Jordan Bardella dans son premier livre autobiographique, Ce que je cherche, paru en 2024 chez Fayard. On sait désormais ce qu’il y a trouvé : un joli pactole. On en connait le montant exact depuis vendredi et la publication de sa déclaration d’intérêts par la Haute Autorité à la transparence de la vie publique (HATVP). En 2024, le jeune président du Rassemblement national a touché 88 068 euros net de Fayard, ce qui correspond à un à-valoir d’environ 100 000 euros brut, perçus à la remise du manuscrit. En 2025, le même a touché la somme de 640 147 euros, ce qui correspond aux droits d’auteur des quelque 210 000 exemplaires (à 22,90 euros l’unité) écoulés.
Les montants sont certes faramineux mais à la mesure du succès de librairie du premier opus bardellien qui a rapporté plus de 4,5 millions d’euros à la maison d’édition du groupe Hachette, propriété de Vincent Bolloré. Une source du monde de l’édition juge même que le jeune dauphin de Marine Le Pen n’a pas été particulièrement gourmand pour son à-valoir. D’autres auteurs maison comme Philippe de Villiers seraient bien plus maquignons dans les négociations. Avec succès : meilleur gagneur du groupe, promu presque entièrement par les médias Bolloré, le vicomte est un succès commercial à peu près parfait.
C’est aussi le cas de Bardella, qui a donc illico resigné pour un second ouvrage − Ce que veulent les Français −, sorti en novembre et déjà écoulé à plus de 50 000 exemplaires. Ce qui exige tout de même des frais non négligeables − lancement au théâtre Marigny, sur les Champs-Elysées, publicité, tournée de dédicaces dans toute la France… Mais in fine, tout le monde semble y retrouver son compte. Fayard, qui connaît le succès et a mis le grappin sur l’un des probables prochains présidentiables. Et Bardella qui lance sa campagne présidentielle aux frais de Bolloré et, pour la première fois de sa carrière, ne doit plus son argent de poche qu’au bon vouloir de Marine Le Pen.




