Il est à la fois maire, candidat à sa réélection et sur le banc des prévenus. Laurent Degallaix, 60 ans, le maire Horizons de Valenciennes, 44 000 habitants, est là, stoïque dans son costume bleu, jeudi 19 février, pour son premier jour d’audience au tribunal correctionnel de Lille. Il est soupçonné de complicité de prise illégale d’intérêts et subornation de témoin. Il risque jusqu’à cinq ans de prison, 500 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité d’un maximum de dix ans.
Mais cela ne l’empêche pas de se représenter aux prochaines élections municipales dans cette ville du département du Nord où, en 2020, il a été réélu dès le premier tour. Il l’a annoncé officiellement le jour de la Saint-Valentin. Cinq jours avant de comparaître au tribunal. Sur sa page Facebook, il écrit : «Le choix de la date du 14 février me permet de dire et redire mon amour profond et sincère pour Valenciennes et ses habitants.» Il fait face à quatre adversaires, qui prônent tous un renouvellement politique. On compte une liste d’union de la gauche, une liste citoyenne, une autre menée par une de ses anciennes adjointes, et la dernière étiquetée Rassemblement national (RN). Laurent Degallaix, qui se réclame de l’héritage de Jean-Louis Borloo, ancien ministre, dirige la ville depuis 2012.
Il a déjà été condamné pour ingérence dans une procédure de plaider-coupable en 2019 à une amende de 25 000 euros : il avait participé à la délibération qui vendait l’office public HLM de Valenciennes à un




