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Détermination

Malgré un mandat éprouvant, 6 maires sur 10 prêts à se représenter en 2026

58 % des édiles briguent un nouveau mandat, selon une étude publiée ce vendredi 14 novembre. Une augmentation de dix points depuis 2019.

Rassemblement des maires contre la baisse des dotations publiques à Lille, le 19 septembre 2015. (Aimée Thirion/Libération)
Publié le 14/11/2025 à 10h11

Pas de repos pour les bourgmestres. Malgré la succession des crises depuis le début de leur mandat en 2020, à quatre mois des municipales 2026, près de six maires sur dix envisagent de se représenter en 2026, selon l’enquête AMF/Cevipof-Sciences Po publiée ce vendredi sur leur état d’esprit.

En octobre 2019, 49 % des maires déclaraient vouloir repartir pour un tour. Ils sont désormais 58 % à souhaiter se représenter, selon l’étude réalisée auprès de plus de 3 700 maires, réalisée en ligne du 1er au 29 octobre. Malgré un mandat marqué par la crise sanitaire, les conséquences de la guerre en Ukraine, les tensions inflationnistes et la forte instabilité politique nationale, «le volontarisme a souvent pris le pas sur la résignation» à quatre mois du prochain scrutin, signe que «l’envie d’agir reste puissante malgré la fatigue», relève l’étude.

«Pas de crise des vocations»

«On augmente de presque dix points, je ne m’attendais pas à ce chiffre. J’ai le sentiment que les maires ont passé le stade des récriminations et que quand vient le temps de l’élection, ils se remobilisent», analyse auprès de l’AFP Martial Foucault, professeur à Sciences-Po et co-auteur de l’étude, pour qui il n’y a «pas de crise des vocations», même si ces dernières peuvent être «empêchées, ou difficiles à assumer».

Le rythme des démissions de maires, supérieur à 400 par an, n’a pourtant jamais été aussi fort que lors de ce mandat. Quant au chiffre des démissions des conseillers municipaux, il s’élève à 1,6 en moyenne par commune, soit 57 000 en tout depuis 2020, un chiffre «peu élevé», selon Martial Foucault, qui note cependant un absentéisme régulier de conseillers dans 60 % des communes interrogées.

Principaux facteurs de crise, les désaccords au sein des conseils municipaux, qui «fragilisent la cohésion des équipes municipales», souligne l’étude. Un tiers des maires sont confrontés à une «opposition structurée», dont 58 % jugent qu’elle «joue un rôle négatif». Lorsque les conseils sont «très pacifiques», 62 % des élus interrogés disent vouloir se représenter, contre seulement 46 % lorsqu’ils sont jugés «agressifs» - un constat que 8 % des édiles déplorent.

65 % des maires victimes d’incivilités

La volonté de poursuivre les projets engagés pour sa commune (79 %) et de servir l’intérêt général (78 %) sont les deux premiers motifs cités pour repartir. Trois quarts des maires des communes de 9 000 à 30 000 habitants souhaitent se représenter, à peine plus de la moitié pour les communes de moins de 1 000 habitants. Ceux qui renoncent invoquent surtout le besoin de retrouver du temps pour leur vie personnelle (79 %). L’âge joue un rôle clé : 73 % des moins de 35 ans souhaitent se représenter, contre seulement 30 % des plus de 75 ans.

Interrogés sur la situation financière de leur commune, près de neuf sur dix la jugent «saine», soit plus de dix points de plus qu’en 2022, année marquée par la crise énergétique. «Les maires ont tendance à s’auto-congratuler à la veille de l’élection. Les indicateurs sont au rouge en milieu de mandat, et au vert en fin de mandat», observe Martial Foucault.

Depuis 2020, les violences contre les élus se sont d’abord envolées, puis légèrement stabilisées après la mi-mandat. Les maires déclarent à 65 % avoir déjà été victimes d’incivilités, soit douze points de plus qu’en 2020. Ils sont 36 % à avoir subi des injures et insultes, 28% à avoir été attaqués ou menacés sur les réseaux sociaux, tandis que des agressions physiques sont signalées par 8 % des maires.

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