La formation au porte-à-porte est fraîche dans leurs têtes. Il ne faut «jamais entrer dans les appartements» et, surtout, «laisser parler les gens». Au dernier étage du bâtiment C du quartier de l’Agachon à Fréjus (Var), Marjorie (prénom modifié) et Régis suivent les leçons d’un conseiller en communication. Le binôme fait campagne pour une liste citoyenne et contre l’extrême droite. Depuis l’élection du maire RN, David Rachline, en 2014, cette force d’opposition n’a jamais cessé d’occuper le terrain, défiant les coups bas de l’équipe municipale en place. Leur action militante redouble avant les municipales de mars.
«Voter pour le maire ? Jamais de la vie !» La première porte est presque acquise à la cause. Myriam, 22 ans, répond ennui et inactivité à la question : «Qu’est-ce que vous rencontrez comme problème dans la ville ?» Elle voudrait des commerces pour son shopping, des activités pour ses petits frères, du travail pour un bon salaire. «Le RN est en plein boom au national. Mais on essaie de s’en extraire, pointe Régis, le militant de 69 ans. Le local est notre cheval de bataille.» C’est que David Rachline a fait de Fréjus un laboratoire RN. Jouant longtemps la carte de la normalisation, le proche de Marine Le




