Certains responsables politiques conditionnent leur candidature à un bilan politique. Pour Nicolas Mayer-Rossignol, maire socialiste de Rouen depuis 2020, c’était un bilan de santé qui devait décider de son avenir politique en Seine-Maritime. «Tous les voyants sont au vert, mes analyses ne pourraient pas être meilleures.» Atteint d’un cancer révélé en 2024 et opéré trois fois d’une tumeur agressive à la vessie entre 2022 et 2024, le socialiste, par ailleurs président de la métropole Rouen-Normandie, a annoncé ce mercredi 7 janvier à l’AFP qu’il est candidat à un deuxième mandat après avoir dirigé la région Haute-Normandie entre 2013 et 2015.
«Je souhaite que Rouen devienne la ville la plus agréable à vivre de France», affirme à Libération celui qui a échoué, aux deux derniers congrès du Parti socialiste, à déloger Olivier Faure du premier secrétariat. Nicolas Mayer-Rossignol nourrit l’ambition de faire de Rouen – aujourd’hui quatrième ville de France avec le taux d’évolution de population parmi les plus élevés entre 2017 et 2023, respectivement derrière Villeurbanne, Montpellier et Toulouse selon l’Insee – la ville la plus attractive de France. «La belle endormie s’est bien réveillée», défend son maire.
Santé environnementale
Celui qui a succédé à Yvon Robert, premier maire socialiste de la ville normande élu en 1995, promeut, comme beaucoup de ses camarades, une vision politique «sociale-écologiste». Parmi les grands projets annoncés, un nouveau tramway, l’extension de la gratuité des transports aux moins de 25 ans ainsi qu’aux retraités, et des mesures d’aide à la garde d’enfants pour les familles monoparentales.
Il compte notamment axer sa campagne sur la santé environnementale. Un sujet qui «intéresse beaucoup» ce normalien, scientifique de formation et diplômé en génomique : «On sait qu’il y a des raisons environnementales pour certains types de cancers.» Il rappelle le gigantesque incendie de l’usine Lubrizol, en 2019, juste avant son élection : «Les Rouennais se souviennent de ce nuage noir d’hydrocarbures au-dessus de leur tête. La qualité de l’air est un sujet majeur.» L’ingénieur du corps des mines a rappelé la division par trois à cinq de la pollution aux différentes particules fines et à l’ozone durant sa mandature, et par deux du dioxyde d’azote, grâce aux mesures d’incitation sur le vélo, le covoiturage ou les transports en commun. Une politique qu’il dit vouloir poursuivre.
Avec les écolos dès le premier tour ?
A 48 ans, Nicolas Mayer-Rossignol affiche l’objectif de constituer une «majorité de rassemblement», pour porter «les valeurs de la ville de Rouen, humaniste et féministe, progressiste et laïque». Elu au second tour avec 67 % des voix en 2020 – après 29,5 % au premier tour, devant Les Ecologistes à 23,16 % et une liste macroniste à 16,79 % – le maire de Rouen dit vouloir insuffler un «esprit de résistance» contre son «seul adversaire, la droite extrême et l’extrême droite». Le tout sûrement uni dès le premier tour avec les écologistes et les communistes mais sans les insoumis, vrais adversaires pour lui au plan local ? Fort probable. On aura la réponse d’ici le 11 février, date de la présentation de son projet à la halle aux Toiles.




