Les 15 et 22 mars 2026, les élections seront différentes des précédentes à Paris, Lyon et Marseille. Une conséquence directe de la réforme institutionnelle dite «PLM», adoptée définitivement par le Parlement le 10 juillet 2025.
Deux (ou trois) scrutins le même jour
Les électeurs parisiens, lyonnais et marseillais participeront à deux élections distinctes lors de chaque tour.
Jusqu’à présent, Paris, Lyon et Marseille vivaient sous un régime dérogatoire, issu de la loi PLM (Paris-Lyon-Marseille). Un système de suffrage universel indirect, unique en France, souvent comparé au système américain. Là-bas, les électeurs votent pour élire les grands électeurs dans chaque Etat qui choisissent ensuite le chef de l’Etat. Pour les trois villes françaises, les électeurs élisaient des conseillers d’arrondissement qui, à leur tour, élisaient le maire central.
Ce modèle avait une conséquence majeure : il permettait à un candidat de devenir maire sans avoir gagné dans son propre arrondissement. Anne Hidalgo en avait fait l’expérience en 2014, accédant à l’hôtel de ville de Paris sans majorité dans son arrondissement du XVe.
Désormais, chaque électeur parisien, marseillais et lyonnais sera invité à glisser successivement un bulletin de vote dans deux urnes distinctes. L’un servira à élire les conseillers d’arrondissement qui éliront ensuite parmi eux le ou la maire d’arrondissement. Le second bulletin permettra d’élire les membres du Conseil de Paris qui éliront ensuite parmi eux le ou la maire de Paris.
A Lyon, le dispositif est encore plus spécifique. Les électeurs devront également voter pour leurs conseillers métropolitains, comme dans les autres communes de la métropole de Lyon. Ils glisseront donc trois bulletins dans l’urne le même jour.
Une prime majoritaire divisée par deux
Les trois villes gardent tout de même une spécificité : la liste arrivée en tête obtient une prime représentant un quart des places, contrairement aux autres villes où ce «bonus» représente la moitié des sièges. Conséquence : un maire pourra être élu sans disposer d’une majorité absolue au sein du conseil municipal, ouvrant la voie à des exécutifs plus fragiles et à des négociations accrues entre groupes.
La réforme ajuste également le nombre total de conseillers municipaux à Marseille, passant de 101 à 111. Elle crée également une conférence des maires, réunissant les maires d’arrondissement ou de secteur afin de faciliter les relations avec l’exécutif central. Ces maires pourront siéger au conseil municipal même sans en être membres.
Un nouveau rapport de force politiques
Pour le gouvernement et le camp présidentiel, porteurs de la réforme, l’objectif est de mettre fin à une exception institutionnelle et favoriser une meilleure représentation des oppositions. Les détracteurs de la réforme redoutent, à l’inverse, des conseils municipaux plus fragmentés et des majorités instables dans des villes déjà très politisées.
Ce nouveau mode de scrutin pourrait bénéficier à des formations jusqu’ici pénalisées par le découpage territorial et moins enracinées historiquement dans ces villes, comme Renaissance, le Rassemblement national ou La France insoumise, en leur permettant de peser à l’échelle de l’ensemble de la ville.




