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Libération
Extrême droite

Municipales 2026 : Laure Lavalette candidate RN à Toulon… mais sans logo RN

La médiatique porte-parole de la formation d’extrême droite part, sans surprise, à l’assaut de la préfecture du Var. Mais sans mention du parti qui la soutient.

La députée RN Laure Lavalette dans le port de Toulon, le 27 novembre. (Christophe Simon/AFP)
Publié le 06/01/2026 à 10h24

Serait-ce un signe que la flamme tricolore n’a pas laissé de bons souvenirs sur la rade ? Laure Lavalette, très médiatique députée du Rassemblement national – et bien ancrée à l’extrême droite – officialise ce mardi 6 janvier sa candidature pour les municipales à Toulon, ville que le Front national de Jean-Marie Le Pen avait portée en trophée en 1995 avant la débâcle : six ans plus tard, le maire sortant Jean-Marie Le Chevallier finissait à moins de 8 % et le candidat FN de l’époque à peine à 5 %.

Soucieuse, donc, de faire oublier cette expérience désastreuse pour le parti de Marine Le Pen, Laure Lavalette ne brandit pas le logo ou le nom de son parti sur ses affiches de campagne : sa seule photo au centre, un cliché pris sans doute depuis le mont Faron qui domine la rade et son arsenal militaire avec les couleurs de la ville (azur et or) et un slogan qui se veut «rassembleur» : «Un avenir pour Toulon avec Laure Lavalette.»

Proche des milieux catholiques intégristes très actifs dans le diocèse de Fréjus-Toulon, cette «mère de famille de 49 ans», comme elle se «présente» dans une «lettre aux Toulonnais» relayée par l’AFP, et adepte des messes en latin a expliqué aux médias locaux que sur 59 colistiers, 30 n’était pas encartés et bénéficie de l’explosion de la droite locale après la condamnation de l’ex-maire de la ville, Hubert Falco (vingt-deux ans au pouvoir), démis de ses mandats par la justice, pour détournement de fonds.

Alors que le mandat Le Chevallier est considéré par une très grande majorité des Toulonnais comme une gestion calamiteuse de la ville, Laure Lavalette, originaire de la région de Bordeaux et fille d’un membre du groupuscule nationaliste «Ordre nouveau» et opposée au mariage pour tous, promet, elle, «la bonne tenue des finances» et promet de s’intéresser à d’autres quartiers «complètement abandonné[s]», ceux où il y a trop de «kebabs et barbiers à moitié vides».

Sur son premier tract, elle dit vouloir faire en sorte «que chaque quartier soit considéré avec le même intérêt et les mêmes moyens», «rétablir la sécurité» avec une «véritable police de proximité» et lancer un plan de réfection des trottoirs ou créer des îlots de verdure. Et tenter de refaire de Toulon un trophée à mettre dans la vitrine de Le Pen. Fille cette fois-ci.

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