La gauche à la sauce béarnaise manque de liant. Divisions internes, ego mal placés et calendrier serré : l’union sacrée contre François Bayrou, maire depuis 2014, ressemble pour l’instant à une mayonnaise qui refuse de prendre. Comme dans beaucoup de villes, LFI fait bande à part et le reste de la gauche essaye tant bien que mal de s’entendre. Plutôt mal que bien pour l’instant. Car deux des trois candidats déclarés, Jean-François Blanco (écolos) et Jean-François Maison (Place publique), ont décidé de faire cavaliers seuls en organisant, début décembre, une primaire à laquelle le prétendant PS, Jérôme Marbot (adversaire malheureux de Bayrou au second tour en 2020) se refuse pour l’instant.
Les autres partis qui cherchent encore à monter une liste commune (le PS, le PCF, l’Après, Génération·s, Génération écologie…) ont répliqué à la demande de primaire de leurs camarades. «On n’y est pas opposés par principe, mais l’idée était très minoritaire parmi les partis, nous raconte Franck Lamas, délégué local de Génération·s Béarn et conseiller départemental de Pau 1. On a donc choisi de travailler à chercher un accord de gouvernance, pour avancer ensemble – c’est ce qui a fait l’unanimité. Nous n’y participerons donc pas. La démarche est individuelle et, pour tout dire, plutôt regrettable dans un contexte de discussions.» Autre grief : le calendrier proposé qui interroge. «Le timing est trop serré. Trois semaines pour organiser une primaire, c’est peu sérieux», fustige Lamas.
«Le travail est encore en cours»
Les ponts ne sont pas coupés pour autant. Les verts et les amis de Glucksmann restent autour de la table pour bâtir un programme commun et cet «accord de gouvernance». Des ateliers citoyens avec tout ce beau monde sont programmés ce 14 novembre et le 19, ainsi qu’une conférence sur l’urgence sociale le 28. «Mais c’est sûr que le fait que les deux Jean-François rendent publiques les désaccords, ça n’aide pas beaucoup ce travail commun», confie-t-on, ajoutant que «concernant la désignation du candidat et s’agissant de la gouvernance, le travail est encore en cours, il avance».
Les deux partisans de la primaire ont en tout cas commencé à faire monter la pression sur leurs partenaires et surtout sur le candidat rose. «Je ne veux pas croire qu’il puisse refuser le choix démocratique», expliquait en début de semaine Blanco à Ici, relayé par Maison : «Je pense que les responsables politiques de gauche, quelle que soit leur sensibilité politique, ont le devoir de se rassembler pour proposer une alternative.»




