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Reportage

«On a trois ans pour empêcher la fille Le Pen d’arriver au pouvoir» : à Brest, avec les syndicalistes face à l’extrême droite

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Face aux argumentaires et contre-discours des partis d’extrême droite, une association dans le Finistère reçoit des «stagiaires» issus de différentes structures syndicales et leur offre recommandations et exemples concrets d’action à mener dans le monde du travail.

L'association Visa, pour Vigilance et initiatives syndicales antifascistes offre une formation aux syndicalistes pour déconstruire les slogans et propos de l'extrême droite. A Brest, le 8 avril. (Fabrice Picard/Libération)
Publié le 11/04/2024 à 11h53

Une série de propositions politiques, projetées au mur, agrandit les yeux de la petite assemblée. «L’abaissement de la limite d’âge pour les vieux travailleurs de 65 à 55 ans» ; «un impôt extraordinaire sur le capital, fort et massif, ayant le caractère d’une vraie expropriation partielle de toutes les richesses» ou encore «la participation des représentants des travailleurs au fonctionnement technique des industries». C’est beau, mais il doit y avoir un piège : la grosse trentaine de syndicalistes qui regarde le mur est venue de toute la France passer deux jours à Brest (Finistère) pour se former contre l’extrême droite.

L’association Visa, pour Vigilance et initiatives syndicales antifascistes, reçoit dans les locaux de la CGT des formateurs-stagiaires issus des différentes structures adhérentes : FSU, CFDT, CNT-SO, CNT, Solidaires, le Syndicat de la magistrature et, donc, la CGT. Voilà près de trente ans que la formation intersyndicale, issue de Ras l’Front (ancienne association de lutte contre le Front national), dispense formations, argumentaires et contre-discours aux partis d’extrême droite dans le monde du travail. Ces derniers temps, poussée du RN oblige, la demande croît et Visa accélère la cadence de ses formations.

Maîtriser les bases de l’histoire de l’extrême droite

Alors, à quel parti appartient ce programme, qu’ils ont sous les yeux ? «Ça ne peut pas être le CNR [Conseil national de la résistance, ndlr], ils proposent le droit de vote pour les femmes et ce n’était pas dans le CNR»,

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