«Bardella, je l’appelle le gamin. C’est un poids plume. Il est incapable de sortir la France de la crise.» Les mots sont de l’ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, dans une interview filmée mardi 6 janvier à Tucson, en Arizona, et prévue pour diffusion ce jeudi soir sur France 2 dans un Complément d’enquête consacré à Elon Musk, «le milliardaire qui choisit les présidents». Influent porte-parole de la droite dure américaine, ce dernier, qui souhaite une victoire à la prochaine présidentielle française de Marine Le Pen, capable selon lui de «vraiment tuer l’Union européenne», étrille au passage son dauphin, Jordan Bardella – un «petit garçon».
Rendue inéligible par une condamnation en première instance, la dirigeante d’extrême droite joue sa candidature lors d’un procès en appel à partir du 13 janvier sur la légalité ou non du financement d’assistants parlementaires du Front national au Parlement européen.
«Trois choses qui vont détruire l’UE»
Steve Bannon se dit «100 % favorable» à interdire de séjour aux Etats-Unis les juges ayant condamné en première instance Marine Le Pen, comme l’hebdomadaire allemand Der Spiegel en prête l’intention à l’administration américaine, «pour que les gens aient des comptes à rendre».
«Il y a trois choses qui vont détruire l’Union européenne», pronostique Steve Bannon. «D’abord, le Brexit […]. Ensuite, l’élection de Donald Trump et ses politiques national-populistes. Enfin, le troisième élément qui va vraiment tuer l’Union européenne, ce sera l’élection de Marine Le Pen», espère l’ancien conseiller présidentiel américain.
A l’inverse de celle dont il espère qu’elle sera autorisée par la justice française à candidater pour une quatrième fois à la présidentielle, Jordan Bardella «a peur des médias», a-t-il fustigé, en référence à une décision de l’intéressé d’annuler en février 2025 une intervention à Washington lors d’un rassemblement de conservateurs, après «un geste faisant référence à l’idéologie nazie» – en l’occurrence un salut nazi effectué la veille à la tribune par Steve Bannon. «S’il a annulé à cause de ce que les médias mainstream ont dit du discours, […] il n’est pas digne de diriger la France, avait à l’époque commenté Bannon, contestant la connotation nazie de son geste. C’est un petit garçon, pas un homme.»




