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Stratégie

Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann «ne participera pas» à une primaire de la gauche

Répondant à la proposition faite dans «Libé» par François Ruffin, le député européen justifie ce choix dans une interview au «Monde» ce vendredi 23 mai en expliquant qu’il ne veut pas de «candidature commune avec Jean-Luc Mélenchon».

Raphaël Glucksmann, le 23 mai 2025. (Thomas Samson/AFP)
Publié le 23/05/2025 à 21h44, mis à jour le 23/05/2025 à 22h22

Ne pas laisser prospérer l’idée d’une primaire à gauche pour mieux préparer une nouvelle guerre des gauches. Trois jours seulement après la proposition faite dans Libération par François Ruffin d’une grande primaire à gauche «de Poutou à Hollande» en passant par lui et Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann affirme ce vendredi 23 mai dans un entretien au Monde qu’il «ne participera pas à une primaire». «Je ne participerai pas à un truc d’appareils qui produit une synthèse molle, car ça ne fonctionnera pas», explique le député européen qui rejette toute «candidature avec Jean-Luc Mélenchon».

«Nous sommes en contradiction frontale sur tellement de sujets, de l’Europe, sa défense et son rôle, au mix énergétique et au nucléaire, en passant par la manière même de faire de la politique, estime le co-président du petit parti, Place publique. En feignant de croire que nos deux offres sont conciliables, on fait passer le message que les idées importent peu. Ce n’est ni sincère, ni démocratique. […] Mettre ses principes dans sa poche, c’est la certitude de la faillite morale et de la défaite politique.»

Assumant de ne plus jouer du tout le jeu de l’unité à gauche, il ne répondra pas non plus à l’invitation de Lucie Castets, qui convie tous les partis de gauche à une réunion le 2 juillet, y compris LFI. «Feindre de pouvoir aller ensemble à la présidentielle fait peser un soupçon d’insincérité sur notre espace politique. C’est mortifère», balaye-t-il.

«Pôle démocrate, social et écologiste»

Le co-président de Place publique entend au contraire «d’abord discuter avec le Parti socialiste d’une offre commune, dans le mouvement des européennes» de 2024 où leur liste commune qu’il conduisait a terminé en troisième position avec près de 14 % des voix, talonnant le camp présidentiel. Selon Raphaël Glucksmann, c’est cette stratégie «qui permettra une dynamique» qu’il souhaite ensuite élargir «à d’autres forces politiques et sociales dont les visions sont compatibles».

Déterminé à «tout faire pour que (le) pôle démocrate, social et écologiste soit en mesure de gagner en 2027» et pas seulement «d’être premier à gauche», il ne se prononce pas sur sa propre candidature mais souligne que l’on «verra bientôt qui est le mieux placé pour le faire».

Même s’il s’en défend, Glucksmann semble ainsi réagir sous la pression mise par Ruffin. Cette interview intervient, par ailleurs, quatre jours avant le premier tour du congrès socialiste. Les adhérents PS sont appelés, mardi soir, à trancher entre trois «textes d’orientations» censés trancher - en partie - la ligne de leur parti pour 2027. Glucksmann vient ainsi en renfort du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, qui n’imagine pas une autre candidature que celle d’un socialiste à gauche. Le premier secrétaire sortant, Olivier Faure, continue, lui, de vouloir «faire l’union de Ruffin à Glucksmann». C’est mal barré. Et c’est sûrement, pour le second, le but recherché.

Mise à jour à 22 h 16 avec davantage d’analyse

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