Le Rassemblement national fait penser à ce vieil amant toxique qui déteste son partenaire mais ne pourrait vivre sans. Avec l’Union européenne, voilà quarante ans que ça dure : s’il la charge de tous les maux, le parti d’extrême droite lui doit tout, ou presque. Et d’abord son déniaisement politique, lors des élections européennes de 1984, où pour la première fois, Jean-Marie Le Pen réalisa la percée qui lui permit de s’installer dans l’hémicycle de Strasbourg avec neuf autres eurodéputés. Aussi riche que pingre, le fondateur du FN s’y est fait réélire sans discontinuer jusqu’en 2019 et a toujours largement confondu le budget de son parti avec celui du Parlement européen.
Cette habitude lui a survécu et pourrait bien continuer à assombrir l’avenir du RN : outre l’affaire des assistants parlementaires, rejugée en appel à partir du mardi 13 janvier, la formation europhobe risque d’avoir maille à partir avec la justice sur d’autres cas où elle est soupçonnée d’avoir, à nouveau, pris l’argent du contribuable pour sa cassette personnelle.




