Ne pas abandonner les questions de sécurité à la droite. Attaqué par sa principale adversaire, Rachida Dati (Les Républicains), sur le bilan de la majorité sortante, le candidat socialiste aux élections municipales à Paris, Emmanuel Grégoire, expose son programme en la matière dans un entretien au Figaro, ce lundi 12 janvier. «Je souhaite être un maire qui apaise et qui protège», annonce-t-il. Avec un objectif prioritaire : le renforcement des effectifs de la police municipale. L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo promet notamment le recrutement de mille agents supplémentaires «pour atteindre le nombre de 5 000». Pour «assurer une présence physique visible», des «kiosques de police municipale mobiles» seraient installés «dans chaque arrondissement et sur les points chauds», en appui des «référents» qui parcourent depuis mai les différents quartiers de la capitale dans une logique de proximité.
Le député, qui se rendra dans l’après-midi dans le quartier de la Porte de Clignancourt, réputé plus sensible, s’engage aussi à faire de la sécurité des femmes dans l’espace public une «priorité». «Je veux que les femmes circulent en toute sécurité dans tous les quartiers de Paris, à toutes les heures», explique-t-il. Parmi les mesures qu’il propose, l’augmentation de l’éclairage public de nuit et «la mise en place d’un dispositif de bouton d’alerte sur les Abribus, pour signaler immédiatement» les violences. Emmanuel Grégoire, en revanche, demeure «totalement hostile à l’armement létal» de la police municipale, réclamé par ses adversaires Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel (Horizons). «Je prends l’engagement que jamais la police municipale de Paris ne serait dotée de ces armes sans consultation préalable des Parisiens», déclare-t-il.
«Comptable»
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux la semaine dernière, Rachida Dati avait dénoncé «l’explosion de la délinquance» à Paris et le «déni idéologique» de la gauche sur le sujet. La ministre de la Culture, au coude-à-coude avec l’ancien premier adjoint dans les sondages, charge «le bilan Hidalgo-Grégoire» et promet un «sursaut sécuritaire» en cas d’élection.
Dans le Figaro, le socialiste renvoie la candidate LR au «désengagement» de l’Etat à Paris sous les présidences de Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron. Rachida Dati «est comptable de cela puisqu’elle a été ministre sous ces deux présidents. Je considère qu’elle est la plus mal placée pour donner des leçons», attaque-t-il. Peut-on donc lui imputer, à lui, le bilan d’Anne Hidalgo ? Le candidat botte en touche, sans crainte de se contredire : «J’étais premier adjoint et non maire de Paris. Reproche-t-on à Emmanuel Macron d’être comptable du quinquennat de François Hollande ?»




