Et dire qu’Emmanuel Macron promettait le 9 juin «un temps de clarification indispensable» avec la dissolution surprise de l’Assemblée nationale. Le premier tour des élections législatives, après trois semaines d’une campagne express et confuse, laisse entrevoir au mieux une tripartition ingouvernable de la chambre basse, au pire une majorité absolue inédite pour le Rassemblement National (RN). Dans tous les cas un échec pour le pari du Président. Secoués par l’électrochoc de la dissolution, 65,8 % des électeurs se sont rendus aux urnes dimanche, selon une estimation Ipsos pour France Télévisions, un record pour des élections législatives depuis 1997. Le nombre de triangulaires, estimé entre 285 et 315 en attendant d’éventuels désistements, est inédit.
Avec 33,5 % des suffrages, le Rassemblement national (RN) rejoint par les transfuges LR d’Eric Ciotti constitue la première force politique du pays, devant le Nouveau Front populaire (NFP, 28,1 %) et l’ex-majorité présidentielle, distancée avec seulement 20,7 % des suffrages. Le RN double presque les 18,68 % de juin 2022 qui avaient précédé l’envoi de 89 députés frontistes au Palais-Bourbon, effaçant le record des 35 élus à la proportionnelle en 1986. Une nouvelle géographie électorale se dessine dans les zones rurales et périurbaines. Dans l’Aisne, quatre