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Reportage

Second tour: chez Jean-Marie Le Pen, des barges face au barrage

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Dimanche, lors de la nouvelle défaite de Marine Le Pen, «Libération» a passé la soirée aux côtés du patriarche, chez sa femme à Rueil-Malmaison. Ambiance lunaire dans un milieu mondain et dégénéré.

A Rueil-Malmaison, Jean-Marie Le Pen, chez sa femme Jany Le Pen, lors de la soirée électorale dimanche. (Rémy Artiges/Libération)
ParTristan Berteloot
photos Rémy Artiges
Publié le 25/04/2022 à 18h05

Il est un peu avant 20 heures, dimanche, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), chez Jany, dans le salon. Jean-Marie Le Pen et sa femme patientent pour le résultat de la présidentielle, vissés dans un sofa violet. Murs orange. Derrière eux : un bouddha bleu au sourire étrange, esquisses japonaises érotico-loufoques. Elle : jupe en daim à frange, longue, verre de cidre. Lui, la veste habituelle, pochette grise. Le matin, «le Vieux» est allé voter à Saint-Cloud, près du manoir de Montretout, laissant son bulletin Emmanuel Macron dans la poubelle. L’isoloir était placé devant une grande affiche Illusions perdues. Une fois le forfait accompli, il a prononcé ces mots en guise d’encouragement, pour sa fille, Marine Le Pen : «Post coïtum animal triste.» Animal triste après le coït. Un fan venu assister à la scène l’a qualifié à cet instant de «punk».

Devant le couple : un écran de télévision d’une largeur indécente. Le son à fond. Quelqu’un a allumé un feu. Moment intime factice : une quinzaine de journalistes sont présents, immobiles devant le spectacle, attendent une première réaction après la défaite.

Derrière, il y a un groupe d’invités, une vingtaine. Des amis. Ils se présentent comme «le Front national». Certains filment les journalistes sans leur dire. Dont un homme couleur sépia au long trench-coat, lunettes fumées. Dieter M. vous parle de très près avec un accent allemand, vous demande avec qui vous êtes en couple. Un homme passe avec un plateau, pro

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