Légende du rugby français sur le terrain, passé par plusieurs instances de l’ovalie tricolore, et businessman, Serge Blanco a annoncé ce jeudi 4 décembre sa candidature aux élections municipales à Biarritz, sa ville d’adoption, où il a effectué toute sa carrière. «Depuis une dizaine d’années, j’ai vu Biarritz se fracturer. Le pacte de confiance entre les Biarrots et leur mairie s’est rompu. Ce constat me conduit aujourd’hui à me présenter», a expliqué l’homme de 67 ans. Avant lui, d’autres figures du monde du sport ont basculé avec plus ou moins de réussite vers la politique - au-delà d’un «simple» poste au ministère des Sports, qui a vu défiler l’escrimeuse Laura Flessel, la nageuse Roxana Maracineanu ou encore l’ancien sélectionneur du XV de France Bernard Laporte. Tour d’horizon.
A Lyon, Aulas et les autres
Jean-Michel Aulas, comme Serge Blanco, sera candidat aux élections municipales, lui à Lyon. L’ancien patron du club de foot de l’Olympique lyonnais, qu’il a porté sur le toit de la France en tant que président pendant plus de trente-cinq ans et jusqu’en 2023, s’est lancé dans la bataille début septembre, après des mois de faux suspense. Investi officiellement par Les Républicains mais aussi soutenu par le parti présidentiel Renaissance, le chef d’entreprise de 76 ans est un critique virulent du maire écologiste sortant Grégory Doucet, qui vise un second mandat.
A Lyon déjà, le gymnaste Yann Cucherat, double médaillé mondial et aujourd’hui manager général de la haute performance à l’Agence nationale du sport, avait été adjoint de l’ancien maire Gérard Collomb, socialiste converti au marconisme, avant de briguer en vain la mairie en 2020.
D’autres anciens sportifs s’engagent pour les prochaines élections municipales. Deux fois vice-champion olympique, le boxeur Sofiane Oumiha figurera sur la liste de Jean-Luc Moudenc, maire sortant ex-LR de Toulouse. «Je veux porter un message clair : il ne faut pas se mettre de barrière dans la vie», a-t-il expliqué.
Pierre Houin, champion olympique d’aviron à Rio en 2016, briguera un premier mandat d’élu sur la liste du maire sortant de Nancy, le socialiste Mathieu Klein. L’ancien footballeur international Yannick Stopyra s’engage pour sa part auprès de Marie-Odile Picard, sans étiquette, dans la ville de Saint-Médard-en-Jalles, près de Bordeaux, selon les informations de Franceinfo.
Bernard Tapie, ministre marseillais mais jamais maire
Bernard Tapie, emblématique et sulfureux président de l’Olympique de Marseille qu’il a racheté en 1986, a eu aussi une riche carrière politique. L’homme d’affaires, battu une première fois au second tour des législatives de 1988, est finalement élu député en 1989 et réélu en 1993, sous l’étiquette du Parti radical de gauche (PRG). Entre-temps nommé ministre de la Ville du gouvernement socialiste de Pierre Bérégovoy de 1992 à 1993, il est ensuite élu député européen en 1994.
Pressenti à plusieurs reprises pour se lancer à la conquête de Marseille, Bernard Tapie n’a finalement jamais franchi le pas, rattrapé par les affaires judiciaires, dont celle d’OM-VA, qui lui vaut un passage en prison pour corruption.
Mohed Altrad, un milliardaire au conseil municipal de Montpellier
L’homme d’affaires Mohed Altrad, PDG du géant du BTP qui porte son nom et président du club de rugby de Montpellier, a brigué la mairie de la plus grande ville de l’Hérault en 2020 en lançant sa propre liste. Allié à des listes de gauche, il est arrivé en troisième position avec 13 % des voix au premier tour, puis 18 % au second tour dans une triangulaire. Le milliardaire est élu au conseil municipal. Mais il ne siège finalement jamais dans l’opposition au maire PS Michaël Delafosse.
En septembre 2024, il démissionne de son mandat, sans explication. En conflit avec la métropole - également présidée par Michaël Delafosse - au sujet du rachat du stade du club, il multiplie depuis les communiqués contre le maire de Montpellier, mais n’a pour l’instant pas annoncé ses intentions pour 2026.
Les «cumulards» Jouanno, Douillet et Drut
Passés l’un à la suite de l’autre à la tête du ministère des Sports, la karatéka Chantal Jouanno et le judoka David Douillet ont aussi occupé des mandats de députés pour l’UMP, tout comme l’ancien athlète Guy Drut, champion olympique du 110 mètres haies à Montréal, ministre des Sports et maire de Coulommiers.
A l’échelon local, Didier Codorniou, le «Petit Prince» aux 32 sélections en équipe de France de rugby, pilier du PS en Languedoc avant de rejoindre le Parti radical, est maire de Gruissan (Aude) depuis 2001. Il tente un retour dans le sport en se présentant à la tête de la Fédération française de rugby en 2024, mais est battu par le sortant Florian Grill.
Malgré leur notoriété, certains anciens sportifs ont aussi raté leurs incursions en politique. C’est le cas du footballeur Vikash Dhorasoo, candidat malheureux aux municipales dans le XVIIIe arrondissement de Paris en 2020, soutenu par La France insoumise. Pareil pour l’ancien joueur de Dax et du XV de France Jean-Pierre Bastiat, qui a échoué à se faire élire à la mairie dacquoise en 2014.




