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Des parkings sous-terrains pour gagner de la place, un service public du vélo... à quoi s’engagent les candidats à la mairie de Paris ?

Quatre des six listes en lice pour les municipales de la capitale ont exposé leurs idées pour la mobilité douce vélo, vendredi, à l’Hôtel de Ville, dans un contexte de demande fortement croissante.

Le plan vélo 2020-2026 adopté par la majorité sortante n’a été mis en œuvre qu’à 40 %. (Corentin Fohlen/Libération)
Publié aujourd'hui à 12h53

«Coopérative» pour des locations abordables, réparation de la «voirie en mauvais état», unité de police municipale spécialisée dans la lutte contre les infractions, «reprise en régie municipale de Vélib’»… Quatre candidats sur six à la mairie de Paris ont exposé vendredi soir 6 février devant des associations leurs engagements sur l’avenir du vélo dans la capitale, dont la pratique a explosé sous la mandature d’Anne Hidalgo. 250 personnes étaient présentes à l’occasion à l’Hôtel de ville.

Presque une personne sur deux se déplace à vélo au moins une fois par semaine sur les 1 500 kilomètres de pistes que compte la ville, a rappelé en préambule Paris en selle. «Depuis notre premier grand oral aux municipales de 2020, le nombre de cyclistes a triplé», a souligné Marion Soulet, porte-parole de l’association à l’AFP.

Beaucoup reste à faire, alors que le plan vélo 2020-2026 adopté par la majorité sortante n’a été mis en œuvre qu’à 40 % : répondre à une demande croissante, rééquilibrer les aménagements entre l’Est et l’Ouest, moins bien doté, rendre les voies plus respirables pour cyclistes et piétons… Et mieux les sécuriser face aux «violences motorisées» qui concernent neuf cyclistes sur dix, en s’engageant sur un objectif «zéro mort, zéro blessé», rappelle l’association Paris en selle. Un de ses militants, Paul Vary, a été écrasé par un SUV en 2024.

Dati agace l’auditoire

Le candidat de la gauche unie hors-LFI Emmanuel Grégoire - seule tête de liste à être venue en personne - a présenté ses mesures pour un Paris «100 % cyclable», à commencer par la sécurisation des quinze voies de bus les plus fréquentées. L’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo promet aussi une «coopérative» pour des locations abordables - notamment de «vélos-cargos» - et la création d’une «vélo-école» dans chaque arrondissement.

Maud Gatel, venue représenter la candidate de LR et du MoDem Rachida Dati, a insisté sur «la qualité des aménagements» qui ont augmenté au détriment selon elle de la sécurité, en revoyant le plan de circulation. Rachida Dati veut «continuer à augmenter les kilomètres de pistes, en les portant à 1 800 km, avec un niveau de budget adapté pour réparer une voirie en mauvais état», a critiqué l’élue du MoDem.

La candidate de droite souhaite «enfouir le stationnement» des voitures pour «reconquérir de l’espace» au profit des vélos, des piétons et de la végétalisation. Mais sans réduire la place de la voiture, ce qui a agacé l’auditoire, réuni dans les locaux d’une fondation de la Cité universitaire. «On voit que certains sont gênés sur la réduction de la place de la voiture qui est pourtant essentielle pour faire une place au vélo», a commenté Marion Soulet.

Plans anti-nids de poule et service public du vélo

Pour le candidat d’Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel, le haut-commissaire au Plan Clément Beaune a défendu la création d’une unité de police municipale spécialisée dans la lutte contre les infractions et le doublement du nombre de places de livraisons pour éviter qu’elles empiètent sur les pistes cyclables. Au nom du candidat «anti-pagaille», il a aussi annoncé un plan «zéro nid-de-poule», dont a été récemment été victime à vélo le présentateur de la matinale de RTL Thomas Sotto.

L’écologiste Emile Meunier, représentant la candidate Insoumise Sophia Chikirou, a souligné la nécessité «d’actualiser le plan de circulation qui date de 2007», et proposé la création d’un «service public du vélo», avec la «reprise en régie municipale de Vélib’».

Les candidats ont chacun été appelés à s’engager sur les trois axes encore non pourvu qu’ils aménagent en priorité s’ils étaient élus en mars, citant pêle-mêle les boulevards des Italiens et Saint-Germain rive gauche, Magenta, Malesherbes ou encore l’avenue Ledru-Rollin rive droite. Absents, la candidate de Reconquête Sarah Knafo et celui du RN Thierry Mariani n’avaient pas été conviés.

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