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Adoption du budget de la Sécu : Sébastien Lecornu salue une «majorité de responsabilité»

Les députés ont approuvé de justesse le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour l’année 2026 lors d’un vote solennel à l’Assemblée nationale ce mardi.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, à l’Assemblée nationale, ce mardi 9 décembre. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 09/12/2025 à 7h12, mis à jour le 09/12/2025 à 22h07

En résumé :

  • Après avoir passé l’épreuve de la censure, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) a été validé d’une courte tête par l’Assemblée nationale.
  • Le texte comprend notamment la suspension de la réforme des retraites, mais traite aussi du financement de l’Assurance maladie, des arrêts de travail ou encore de la CSG. En revanche, des mesures ont été écartées telles le doublement des franchises médicales ou l’année blanche sur les prestations sociales.
  • L’issue du scrutin était très incertaine. Le «socle commun» s’est effrité sous les coups de boutoir d’Edouard Philippe (Horizons) et Bruno Retailleau (LR). Heureusement pour Lecornu, Olivier Faure (PS) a appelé ses députés à voter en faveur du PLFSS. Les Ecologistes, eux, se sont abstenus.
  • La partie n’est pas encore gagnée pour autant : il ne s’agissait en effet que de la «nouvelle lecture», c’est-à-dire un deuxième passage devant les députés. Le texte doit désormais repartir au Sénat qui l’examinera dès mercredi en commission, et vendredi dans l’hémicycle.
Le 09/12 à 22H07

«Libé», demain

A la une de notre journal du mercredi 10 décembre : Lecornu passe la Sécu.

Le 09/12 à 22H03

L'édito de Paul Quinio

Par Paul Quinio
Le 09/12 à 21H58

L'interview de «Libé»

Le 09/12 à 21H46

L'analyse de «Libé»

Les députés ont adopté ce mardi soir, à treize voix près, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Une victoire ric-rac finalement rendue possible par l’abstention des Ecologistes et le soutien des socialistes. Une analyse à retrouver ci-dessous :

Le 09/12 à 21H12

La CFDT salue un «nouveau pas» vers la suspension de la réforme des retraites

La CFDT a salué mardi soir l’adoption du projet de loi, y voyant «un nouveau pas franchi vers la suspension de la réforme des retraites» : «La CFDT souligne le sens des responsabilités des députés ayant permis cette adoption», est-il écrit dans un communiqué. Pour le syndicat, «ce vote consolide ce pilier des institutions républicaines qu’est la Sécurité sociale, dans un contexte politique et social marqué par une grande fragilisation de la société française».

«Certaines mesures, parmi les plus injustes, ont été supprimées ou atténuées, tandis que les moyens alloués à la branche maladie ont été accrus avec réalisme, juge la CFDT. Ce texte répare une injustice sociale en suspendant la réforme des retraites de 2023 à laquelle la CFDT s’était fortement opposée. Elle restera mobilisée pour concevoir une réforme des retraites juste et émancipatrice et s’impliquera dans les échanges ouverts dans la conférence sur le travail, l’emploi et les retraites.»

Le 09/12 à 20H47

Dix-huit dissidents LR, une fronde cruciale pour l'adoption du PLFSS

Sur les 49 députés LR, 18 ont voté en faveur de ce budget, donc contre les consignes du patron Bruno Retailleau qui avait appelé à ne pas l’approuver. 28 se sont abstenus, dont le président du groupe Laurent Wauquiez, et seulement 3 ont voté contre. Le député de Haute-Loire, largement battu au printemps par Bruno Retailleau lors d’une élection interne, a estimé que «ce texte n’est ni parfait, ni idéal. C’est un moindre mal».

Le 09/12 à 20H31

«Les Français jugeront» : Lecornu fustige les votes du RN et de LFI

Le Premier ministre «remercie» les députés qui soutiennent son gouvernement et ont voté le texte «parfois éloigné de leurs propres convictions», alors que les députés Horizons se sont majoritairement abstenus, ne soutenant pas la suspension de la réforme des retraites concédée aux socialistes, ainsi que les Républicains bien que plus partagés. Il «remercie» également les députés de l’opposition, «qui ont accepté le principe d’un compromis mais aussi compris que le pouvoir était désormais partagé». Il a toutefois «regretté» que certains groupes «se soient enfermés dans une opposition systématique» et aient «choisi le cynisme plutôt que le patriotisme», à l’instar du RN ou de LFI. «Les Français jugeront». «Ils se proclament voix du peuple, mais préfèrent torpiller – y compris leurs propres combats – plutôt que de voir un progrès sans leur signature.»

Le 09/12 à 20H20

L'adoption du budget de la Sécu, «d'abord» la victoire «du Parlement lui-même», estime Faure

«Cette victoire, elle est d’abord celle du Parlement lui-même», a commenté le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. «Nous avons cherché à être utiles aux Français et aux Français, et je crois que nous n’avons trahi personne», a estimé le député de gauche, alors que la France insoumise accuse les socialistes d’avoir «changé d’alliance» pour «s’allier avec la Macronie», en votant pour le texte. Le député de Seine-et-Marne a invité le gouvernement à adopter «la même approche», s’il souhaite faire passer son budget de l’Etat.

Le 09/12 à 20H12

Sébastien Lecornu salue une «majorité de responsabilité» qui a permis son adoption

Le Premier ministre salue l’adoption du budget de la Sécurité sociale en nouvelle lecture à l’Assemblée, «après un débat exigeant, sans 49-3» et grâce à une «majorité de responsabilité» qui «montre que le compromis n’est pas un slogan». Sébastien Lecornu souhaite également, «dès demain», «travailler à l’adoption d’un budget pour l’Etat». «Ce sera difficile», a-t-il estimé dans un message sur X.

Le 09/12 à 19H57

Retailleau dénonce un «budget qui n'est pas bon pour la France»

Premier à réagir, Bruno Retailleau ne pouvait faire sortie plus bateau. «Je persiste à dire que ce n’est pas un bon budget pour la France», a déclaré à la presse le président des Républicains à son arrivée au repas de Noël de la fédération des Yvelines du parti. «Ce ne sont pas nos convictions ni nos propositions», a tout de même ajouté le patron de LR. Et ce, même si 18 députés de son parti ont approuvé le texte.

Le 09/12 à 19H48

L'Assemblée adopte de justesse le budget de la Sécurité sociale

Sébastien Lecornu peut souffler. A 13 voix près, le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, vient d’être approuvé par l’hémicycle, une victoire majeure pour le Premier ministre, qui gagne son pari dans une Assemblée sans majorité et sans avoir utilisé le 49.3. Comme prévu, c’était ric-rac : 247 députés se sont prononcés pour et 234 contre. Après un dernier passage au Sénat, il devra revenir une dernière fois à l’Assemblée pour être adopté définitivement.

Le 09/12 à 19H27

Un vote «de raison» plus que du «coeur», soupire Cyrielle Chatelain

«Si j’écoutais mon cœur et si j’écoutais mes tripes, je voterais contre ce texte», démarre Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste et social à l’Assemblée, dont le groupe va s’abstenir, après bien des hésitations. «Je ne supporte pas ce que vous avez fait de l’hôpital depuis tant d’années. Qui peut aujourd’hui être satisfait du système de soin ?», dénonce l’élue dans son plaidoyer. «Mais à un moment après des semaines de débat, on essaye de prendre du recul», soupire l’élue écolo, non sans vilipender les «larmes de crocodile de Bruno Retailleau» et la «déloyauté et l’ingratitude» d’Edouard Philippe.

Le 09/12 à 19H16

«Tout a été fait pour empêcher le débat d’avoir lieu de manière rationnelle et normale», déplore Hadrien Clouet

«Il y a aujourd’hui un vote sous chantage», dénonce à la tribune le député Insoumis Hadrien Clouet, évoquant le cas d’un conseiller se présentant de Matignon qui aurait «appelé de nombreux chefs d’entreprises du secteur des énergies renouvelables» pour leur dire que «les objectifs» du gouvernement en la matière seraient «conditionnés (au) vote» des écologistes sur le budget de la Sécu. L’élu LFI déplore aujourd’hui la «méthode» autour du texte. «Depuis le début des discussions, tout a été fait pour empêcher le débat d’avoir lieu de manière rationnelle et normale.»

Le 09/12 à 18H57

L'Assemblée adopte largement la partie dépenses du budget de la Sécu

Premier feu vert : l’hémicycle a adopté, largement, la partie «dépenses» du budget. Dans le détail, 227 députés ont voté pour, et 86 contre cette partie qui prévoit notamment la suspension de la réforme des retraites. Les députés avaient auparavant adopté un amendement du gouvernement portant à 3 % la hausse des dépenses d’assurance maladie (Ondam), au lieu de 2 %, proposé par le gouvernement pour tenter d’arracher une majorité sur le texte.

Le 09/12 à 18H46

Le gouvernement fait marche arrière sur les tarifs médicaux

Peu avant le vote incertain, le gouvernement a décidé mardi de renoncer à un article sur la fixation des tarifs médicaux, visant à limiter des situations de rentabilité excessive, qui provoquait la colère des médecins libéraux. Dans sa version initiale, l’article 24 du projet de budget de la Sécu visait à permettre à l’Assurance maladie de revoir unilatéralement certains tarifs médicaux quand une situation de rentabilité excessive était constatée. Des spécialités comme la radiothérapie, l’imagerie, la dialyse ou la néphrologie en particulier étaient visées.

Le 09/12 à 18H28

Le groupe écologiste «s'abstiendra»

Le groupe Ecologiste et social, dont le vote pourrait être décisif, a décidé de s’abstenir. «Le groupe dans sa grande majorité s’abstiendra», a confirmé dans la foulée Cyrielle Chatelain, députée de l’Isère et présidente du groupe Écologiste et Social à l’Assemblée nationale, depuis la salle des 4 colonnes. «Un vote pour est pour nous inconcevable. L’abstention est la reconnaissance» d’une non dégradation de la situation, a ajouté Cyrielle Chatelain. Les députés écolos oscillaient pour la plupart entre un vote contre et une abstention sur ce texte, estimant à la fois les recettes insuffisantes pour abonder les caisses de la Sécu, et les investissements trop bas pour couvrir la hausse naturelle des besoins notamment à l’hôpital. Si le scrutin reste potentiellement serré, un vote contre de l’ensemble du groupe écologiste aurait presque condamné le texte.

Le 09/12 à 17H25

L'Assemblée approuve une hausse des dépenses d'assurance maladie de 3 %

L’Assemblée nationale a adopté mardi une hausse de l’objectif des dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 3 %, au lieu de 2 %, proposée par le gouvernement pour tenter d’arracher une majorité sur le budget de la Sécurité sociale. 259 députés ont voté pour un amendement du gouvernement en ce sens, contre 64. Les écologistes, dont le gouvernement recherche l’abstention sur l’ensemble du texte, ont voté pour. La hausse traduit notamment l’engagement du gouvernement à ne pas augmenter les franchises médicales, et une mesure pour soutenir le système sanitaire dans les Outre-mer.

Le 09/12 à 16H07

Les Ecologistes alertent sur un «chantage au vote», Lecornu blâme «un groupe d'intérêts»

La cheffe des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, a révélé ce mardi sur BFMTV qu’une personne se présentant comme un membre du cabinet du Premier ministre avait appelé lundi «des chefs d’entreprises dans les énergies renouvelables» pour leur parler du vote du budget de la Sécu. Le supposé conseiller de Sébastien Lecornu aurait tenté de mettre la pression sur ses interlocuteurs pour que ceux-ci incitent à leur tour les élus verts à voter en faveur du PLFSS. Après ces affirmations, le locataire de Matignon dit avoir fait mener une enquête interne. Il a déclaré ce mardi : «Un groupe d’intérêts a tenté de s’immiscer dans les discussions entre le gouvernement et votre groupe.» Et le Normand de conclure : «J’ai décidé de saisir la justice.»

Le 09/12 à 13H28

Wauquiez demande aux députés LR d'éviter le «blocage» et privilégier «l'abstention»

Le patron du groupe Droite républicaine Laurent Wauquiez a demandé ce mardi à ses troupes de ne pas constituer «un facteur de blocage» au budget de la Sécurité sociale soumis au vote à l’Assemblée, et à ce que la position d’abstention soit «majoritaire», selon un participant à une réunion de groupe. Dans la colonne des pour, le patron des députés LR a listé une «suppression de la quasi-totalité des hausses d’impôts», une «défiscalisation des heures supplémentaires», et «la revalorisation des retraites». Dans la colonne des moins : «de nouvelles taxes», des réductions d’allégements de cotisations patronales, une surtaxe sur les mutuelles et «évidemment la suspension de la réforme des retraites», a listé Laurent Wauquiez selon la même source, évoquant un manque de «sérieux budgétaire».

Mais le groupe des députés LR «ne doit pas être un facteur de blocage, vu les avancées obtenues», a affirmé le député de la Haute-Loire, se prononçant lui-même «assez fortement en direction de l’abstention». «Je comprends qu’il y ait une diversité de positions, de votes, mais il faut qu’il y ait une tendance majoritaire sur l’abstention», a-t-il ajouté, toujours selon ce participant.

Le 09/12 à 13H08

«A une très large majorité nous nous abstiendrons», confirme le groupe Horizons

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