Sur les barrages loyalistes des quartiers Sud de Nouméa, les messages ont changé. Les drapeaux blancs sont moins nombreux, les banderoles «paix» et «love» aussi. Depuis le 14 juillet, l’heure est au bleu blanc rouge. Flottant au-dessus du rond-point de l’Ancre de marine, un immense drapeau français est arrimé aux palmiers. A N’Gea, sur le passage piéton situé au milieu de leur barrage filtrant, trois femmes sont fières que leur groupe de voisins ait peint, entre les bandes blanches, du bleu et du rouge.
«Oui, on montre le drapeau. On ne se cache plus. On est chez nous et on ne partira pas», clame Nicole, maître-nageuse de profession, installée depuis vingt-cinq ans en Nouvelle-Calédonie, pour qui la question de l’indépendance devrait appartenir au passé. «Les référendums, ça suffit ! On a voté trois fois, c’est non.» Adeline, la soixantaine, estime que l’insurrection qui a commencé le 13 mai – provoquant la mort de dix personnes et causant 2 milliards d’euros de dégâts – est aussi un immense gâchis sociétal. «On a plein de communautés dans ce pays. On était un exemple pour le monde entier», continue Nicole. Elle espère un retour au calme, à la vie d’avant, mais pas au prix de concessions envers les indépendantistes.




