L’échange a eu lieu le 21 novembre, sur le réseau social Twitter. «La Russie a, par l’intermédiaire de l’Ukraine, déclaré la guerre à l’Europe», lance ce jour-là Gabriel Robin, rédacteur en chef au très droitier magazine «l’Incorrect». Réplique de Pascal Gannat, ancien cadre du Rassemblement national, dont il a été exclu en 2019 : «L’Union européenne, sous-traitante des USA, a déclaré la guerre en premier à la Russie après la fin de l’URSS en l’isolant au maximum.» Le dialogue illustre la fracture qui travaille l’extrême droite française au sujet de la guerre qui fait rage à l’est de l’Europe.
Qui soutenir ? La jeune Ukraine en armes, sa ferveur patriotique et son attachement à l’Occident ? Ou le «modèle» russe d’un grand empire blanc, autoritaire et conservateur ? Le conflit bouscule une longue tradition selon laquelle «pour des raisons historiques et idéologiques, la grande majorité de l’extrême droite française est prorusse», explique à Libé Adrien Nonjon, chercheur à l’Inalco et spécialiste de l’Ukraine. «A l’époque de la guerre froide, l’opposition au communisme se manifestait à l’extrême droite par des liens avec les organisations russes antibolchéviques ou des nationalistes ukrainiens», abonde Jean-Yves Camus, spécialités des radicalités à la fondation Jean-Jaurès. Avec la chute de l’Union soviétique, l’extrême droite développe des sympathies avec la forme de pouvoir autocratique mis en place par Vladimir Poutine.
«Puissance “asiatique” et “néo-bolchévique”»
«Trop souvent, on




