Maire PS de Millau depuis 2020, Emmanuelle Gazel, 47 ans, témoigne de la nécessité constante de devoir prouver sa légitimité à la tête de la sous-préfecture de l’Aveyron (22 000 habitants) et des attaques sur sa vie privée dont elle a fait l’objet.
«J’étais conseillère en insertion, et rien ne me prédestinait à une carrière politique. Mais le 21 avril 2002, à l’issue du premier tour de la présidentielle, je vois s’afficher à l’écran le visage de Jean-Marie Le Pen. Ce jour-là, j’ai décidé de faire ma part. Et je me suis engagée au PS. J’ai été conseillère municipale à Millau, puis conseillère régionale et vice-présidente de la région Occitanie avant d’être élue maire en 2020. J’étais la première femme élue à ce poste dans l’histoire de Millau. Au début de mon mandat, des femmes plus âgées que moi me prenaient la main, au marché ou aux terrasses des cafés, en me disant : «Si vous saviez comme nous sommes fières d’avoir une femme pour maire !» En Aveyron, je suis la seule maire d’une ville de plus de 10 000 habitants.
«Une élue doit toujours justifier sa place et en faire davantage qu’un homme pour prouver qu’elle est légitime à son poste. Ce mandat à la tête de Millau aurait sans doute été moins difficile pour un homme de plus de 60 ans… J’ai été exposée aux critiques en tant que femme relativement jeune, d’autant que je n’avais pas un parcours classique. Ainsi notre projet autour de la piétonnisation du centre-ville a engendré une forte résistance. En 2022 et 2023, j’ai




