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Témoignage

Etre maire et femme (3/5) : «J’ai passé quatre mois en maintenance»

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A la tête de la mairie d’Aubervilliers depuis 2020, Karine Franclet (UDI) s’est retirée de ses fonctions à la suite d’un burn-out, avant un retour en juin. Depuis, elle fait de la santé mentale des élus un sujet primordial et milite pour la mise en place d’une formation publique pour les édiles.

Karine Franclet à Paris, en octobre 2021. (Laurent Hazgui/Divergence)
Par
Charlotte Combret
Publié le 17/11/2025 à 12h07

La maire d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, Karine Franclet (UDI), s’est retirée de ses fonctions à la suite d’un burn-out, avant de revenir. Elle milite pour la mise en place d’une formation publique pour les édiles.

«J’ai passé quatre mois en «maintenance». J’insiste sur ce mot car qui dit “maintenance”, dit “réglages”. L’idée était de me soigner et puis, surtout, de mettre des solutions en place pour ne pas retomber dans les mêmes travers. Je suis quelqu’un d’engagée, d’entier : si je devais revenir, c’était pour revenir bien. Pour me reconstruire, je suis allée dans un établissement spécialisé dans le post burn-out pour suivre une cure. J’ai ensuite effectué tout un travail de réflexion sur ce qui avait pu me conduire à cet état d’épuisement généralisé.

«Je ne l’ai pas vu arriver. Petit à petit, une fatigue s’est installée de façon insidieuse. Je suis passée par une forme de déni jusqu’au jour où cela a complètement craqué. Ce sont mes proches qui ont tiré la sonnette d’alarme. Ils m’ont dit : «Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour tes fils.» J’ai donc décidé de me mettre en retrait. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il n’existe pas de formation pour les élus ; l’Etat devrait y remédier. Vous devenez maire du jour au lendemain. Dans mon cas, j’ai été élue à la tête d’une ville de 90 000 habitants dans un contexte de grosse transition avec des enjeux énormes, des dossiers à porter plus divers les uns que les autres.

«Avant cela, j’étais

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