Après une mise en retrait de quatre mois pour burn-out, Delphine Labails, 50 ans, a démissionné en mai de son mandat de maire de Périgueux, après cinq années de fonction. La socialiste, élue au conseil municipal depuis 2008, est devenue en 2020 la première femme maire de la préfecture de Dordogne et de ses près de 30 000 habitants. Elle revient sur son «épuisement professionnel» et son «combat politique», plus «rude» et «éprouvant» en tant que femme.
«Me présenter pour devenir maire a été le fruit d’une longue réflexion, un prolongement naturel de mon expérience. Ce qui ne m’a pas empêchée, quand j’ai été désignée tête de liste, de me poser de nombreuses questions en tant que femme. Notamment sur ma légitimité. Même si j’avais mis beaucoup d’énergie à la construire, j’avais le sentiment que mon bagage méthodologique et intellectuel n’était pas suffisant pour être élue dans une ville-préfecture. Déjà, au début de mon engagement, en 2008, mon premier réflexe avait été de me demander pourquoi on m’avait proposé à moi d’être sur une liste plutôt qu’à mon mari… Il m’a fallu du temps pour me dire “je suis capable”. Une fois passée cette étape, j’ai dû gérer les regards extérieurs. Parfois même dans mon propre camp. On me disait : “De toute façon, les habitants n’éliront jamais une femme.” Certains ont carrément quitté le parti pour être candidat contre moi.
«Mon élection a été une grande satisfaction. Mais devenir la première f




