L’étiquette de «candidat des chasseurs», Eddie Puyjalon ne la connaît que trop bien. «J’ai passé dix ans à essayer de représenter la diversité de la ruralité. Mais quand je faisais des meetings avec l’UMP, on m’y ramenait toujours», regrette l’ancien président du petit parti de droite Chasse, pêche, nature et traditions (de 2016 à 2022). En 2019, il le renomme le Mouvement de la ruralité (LMR), pour tenter de se décoller du front l’image étriquée de parti de la gâchette, régulièrement renvoyé à un célèbre sketch des Inconnus.
L’ancien conseiller régional de Gironde est donc bien placé pour juger que la liste de l’Alliance rurale, lancée en vue des élections européennes de juin par le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, va devoir «ramer énormément pour gommer» son image de «liste des chasseurs». Pourtant, lors du lancement de sa campagne le 5 décembre au restaurant parisien l’Ambassade d’Auvergne, entre le vin rouge et le buffet à l’aligot, Willy Schraen l’assurait : l’initiative «n’est clairement pas une liste de chasseurs» et a vocation à réunir «toutes les facettes de la ruralité». Mais ni LMR – empêtré dans une guerre de




