Longtemps, Raphaël Glucksmann a été un homme des combats d’ailleurs. En 2014, lorsque éclatent les manifestations en Ukraine, l’essayiste rejoint Kyiv sans attendre. Sur cette place où l’on défend la démocratie face à la Russie, il vibre autrement plus que dans les cortèges République-Bastille. Là-bas, il lit la presse française qui raconte que le mouvement est pénétré par l’extrême droite. Le soir du 25 mai, les résultats de la présidentielle tombent : moins de 2 % pour les nationalistes ukrainiens. Le même jour, en France, le Front national arrive en tête des élections européennes. «Je me suis dit que je n’abandonnerai jamais cette partie du monde et cette vision européenne mais qu’il allait falloir affronter cette question chez moi», raconte-t-il à Libération.
Dix ans plus tard, bientôt confirmé comme tête de liste socialiste aux européennes pour la deuxième fois, Raphaël Glucksmann est chargé de s’imposer à gauche et de concurrencer la macronie. A six mois du scrutin, une petite «Glucksmannia» a saisi le monde politico-médiatique. «Il a la hype», résume-t-on à gauche avec plus ou moins de joie ou d’irritation selon les camps. «Il peut faire un très bon score, il ne s’est jamais trompé sur les affaires du monde», reconnaissait l’ex-ministre des Transports, Clément Beaune, cet automne.
En 2019, Olivier Faure, le patron du Parti socialiste (PS), avec lequel il entretient une relation de confiance, a dû l’imposer à ses opposants internes qui dénonça




