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Enquête

Extrême droite : comment les radicaux ont fait de Lyon leur capitale

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En quelques années, les groupuscules d’extrême droite se sont établis dans la troisième ville de France, narguant les autorités qui disent manquer de moyens pour faire face aux défilés sauvages et aux agressions de rue.

Quelque 150 militants d'extrême droite étaient présents en fin de cortège lors de la procession religieuse organisée de la cathédrale Saint-Jean à la basilique de Fourvière, le 8 décembre. (Alexandre Bagdassarian/Hans Lucas pour Libération)
ParMaïté Darnault
correspondante à Lyon
Tristan Berteloot
Publié le 12/12/2023 à 12h58

Masqués, vêtus de noir, des dizaines d’hommes marchent au pas en vociférant des slogans racistes et islamophobes. Poing levé ou bras tendu, l’autre main parfois lestée d’une matraque ou d’une barre de fer. Leur déferlement de haine résonne sur les pavés du Vieux-Lyon. En dix ans, la violence de rue des groupuscules d’extrême droite s’est imposée dans ce quartier historique de la troisième ville de France. Alors que la plupart n’y vivent pas, les identitaires le revendiquent comme le berceau de leur «enracinement». L’ancienne cité marchande, où les patrons de l’industrie locale, tendance droite conservatrice, gardent leur rond de serviette dans les salons privés, où l’Eglise dispose d’un poids considérable, regarde-t-elle ailleurs ? Désormais, défilés sauvages et agressions s’y répètent à une fréquence inédite, au nez et à la barbe des forces de l’ordre.

Dans ce contexte, l’édition 2023 de la fête des Lumières, qui s’est déroulée le week-end dernier, était surveillée comme le lait sur le feu. Pour l’extrême droite, la montée aux flambeaux du 8 décembre sur la colline de Fourvière est toujours l’occasion de se faire voir et entendre. L’année dernière,

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