Masqués, vêtus de noir, des dizaines d’hommes marchent au pas en vociférant des slogans racistes et islamophobes. Poing levé ou bras tendu, l’autre main parfois lestée d’une matraque ou d’une barre de fer. Leur déferlement de haine résonne sur les pavés du Vieux-Lyon. En dix ans, la violence de rue des groupuscules d’extrême droite s’est imposée dans ce quartier historique de la troisième ville de France. Alors que la plupart n’y vivent pas, les identitaires le revendiquent comme le berceau de leur «enracinement». L’ancienne cité marchande, où les patrons de l’industrie locale, tendance droite conservatrice, gardent leur rond de serviette dans les salons privés, où l’Eglise dispose d’un poids considérable, regarde-t-elle ailleurs ? Désormais, défilés sauvages et agressions s’y répètent à une fréquence inédite, au nez et à la barbe des forces de l’ordre.
Notre interview
Dans ce contexte, l’édition 2023 de la fête des Lumières, qui s’est déroulée le week-end dernier, était surveillée comme le lait sur le feu. Pour l’extrême droite, la montée aux flambeaux du 8 décembre sur la colline de Fourvière est toujours l’occasion de se faire voir et entendre. L’année dernière,




