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Epithètes

«Faibles», «stupides», «en déclin» : Donald Trump dit tout le bien qu’il pense des dirigeants européens

Dans une interview publiée ce mardi dans «Politico», le président américain s’en est pris à ses alliés traditionnels, dénonçant leur incapacité à contrôler les flux migratoires et à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Donald Trump, à la Maison Blanche, le 2 décembre. (Chip Somodevilla/Getty Images)
Publié le 09/12/2025 à 16h46

Quarante-cinq minutes à charge. Le président américain, Donald Trump, s’est longuement épanché, ce mardi 9 décembre dans une interview à Politico, sur sa très faible considération à l’égard de son allié traditionnel, l’Europe. Il étrille le continent «en déclin» et les nations qui le composent dirigées par des personnes «faibles» et «stupides». Ses principales critiques ? L’incapacité des pays européens à contrôler les flux migratoires et à mettre fin à la guerre en Ukraine.

«Cette attaque frontale contre les dirigeants politiques européens représente la dénonciation la plus virulente à ce jour par le président, […] menaçant d’une rupture décisive avec des pays comme la France et l’Allemagne», note le groupe de presse américain. «Je les aime tous. Je n’ai pas de véritable ennemi, a tout de même assuré Donald Trump en parlant des dirigeants de l’Union européenne, dont les relations avec Washington se sont sensiblement tendues ces derniers mois. Certains sont des amis […]. Je connais les mauvais dirigeants, je connais les intelligents, je connais les stupides. Il y en a de vraiment stupides aussi», a-t-il ajouté.

«J’adorais Paris»

«Ce qu’ils font avec l’immigration est un désastre, a-t-il expliqué au site Politico, évoquant l’une des obsessions de son second mandat. J’adorais Paris. C’est un endroit très différent de ce qu’il était. Si vous regardez Londres, vous avez un maire nommé Khan. C’est un maire horrible, vicieux, dégoûtant.» Le maire de Londres Sadiq Khan avait qualifié Donald Trump en septembre de «raciste, sexiste, misogyne et islamophobe», après avoir été attaqué par le républicain à la tribune de l’ONU. «J’aime Londres. Et je déteste voir cela arriver. Mes racines sont en Europe, comme vous le savez», a insisté mardi le milliardaire américain.

Evoquant les immigrés en Europe, Donald Trump a regretté qu’ils «arrivent de tous les endroits du monde. Pas seulement du Moyen-Orient, ils arrivent du Congo […]. Et pire encore, ils viennent des prisons du Congo et de nombreux autres pays». Selon lui, les dirigeants «veulent être politiquement corrects, et ils ne veulent pas les renvoyer d’où ils viennent». Le Président a aussi jugé que Stockholm, récemment admis au sein de l’Otan, était aux prises avec de grands problèmes de sécurité : «La Suède était connue comme le pays le plus sûr d’Europe, l’un des pays les plus sûrs au monde, a-t-il estimé. Maintenant, elle est connue comme un pays très peu sûr […]. C’est même incroyable. C’est un pays totalement différent.»

Concernant la guerre en Ukraine, Donald Trump est resté évasif sur le potentiel retrait des Etats-Unis dans les efforts de paix. «Non, ce n’est pas exact. Mais ce n’est pas tout à fait faux», a-t-il dit. Il enchaîne : «La Russie a le dessus, et ç’a toujours été le cas. Ils sont beaucoup plus grands. Ils sont beaucoup plus forts. J’accorde beaucoup de crédit au peuple ukrainien et à l’armée ukrainienne pour leur courage, leurs combats et tout le reste. Mais vous savez, à un moment donné, c’est généralement la taille qui l’emporte.» Insinuant ni plus ni moins que la Russie finira par l’emporter sur l’Ukraine, si les dirigeants ukrainiens ne «jouent pas le jeu». Lundi, le président américain avait déjà reproché à Volodymyr Zelensky de n’avoir «pas lu» son plan de paix en Ukraine.

«J’ai soutenu Viktor Orbán»

Egalement interrogé sur sa volonté d’intervenir dans les processus électoraux en Europe, il a admis avoir «soutenu Viktor Orbán», le populiste Premier ministre hongrois, qui «fait un très bon travail, d’une façon différente, en matière d’immigration». «J’ai soutenu des gens que beaucoup d’Européens n’aiment pas», a-t-il ajouté. Il a également laissé entendre qu’il soutiendrait les candidats politiques européens partageant sa vision du continent.

L’administration Trump a publié vendredi un document présentant une «Stratégie de sécurité nationale» résolument nationaliste, anticipant notamment l’«effacement civilisationnel» de l’Europe et prônant la lutte contre les «migrations de masse». Le président du Conseil européen, António Costa, a vivement réagi lundi et exhorté la Maison Blanche à respecter la souveraineté de l’Europe et son droit à l’autonomie.

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