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Le Hollandais voyant
Ce week-end, les trois lignes de gauche se sont mises en scène : l’une, «unitaire», regroupée autour de la bande de Bagneux (qui mijote une primaire à l’automne 2026 pour tenter d’avoir une candidature commune en 2027) ; l’autre, sociale-démocrate, qui s’est retrouvée autour de Bernard Cazeneuve et Raphaël Glucksmann ; et la dernière, insoumise, qui fait cavalier seul autour de Jean-Luc Mélenchon. Présent au raout de Cazeneuve, François Hollande persiste à torpiller la candidature de l’insoumis, qu’il imagine inévitablement perdante. Et de prophétiser, selon des propos rapportés par le Parisien : «Le vote utile Mélenchon, c’est fini. Je ne vois pas les électeurs de gauche et de centre gauche vouloir le qualifier pour le 2d tour de la prochaine présidentielle.» Et l’ancien président qui rêve de le redevenir de développer : «En 2017 et en 2022, il avait profité d’un vote utile qui lui avait fait rater de peu la qualification, car l’enjeu était d’empêcher Le Pen d’être au second tour face à Macron. Mais pour 2027, c’est différent, car toutes les études démontrent déjà que le RN sera qualifié. Or Mélenchon n’a aucune chance face à eux. Le niveau de détestation des Français est plus important envers lui que vers Le Pen ou Bardella.» Et envers Hollande ?
Galériens
L’opposition interne d’Olivier Faure au PS est évidemment plus team Cazeneuve qu’unitaires. L’occasion pour l’adversaire number one de Faure, Carole Delga (présente autour de l’ex-Premier ministre), de remettre un petit bâton dans les roues du chef, en déclarant à la presse au sujet de cette hypothétique primaire : «On ne l’a pas actée au sein du PS. [Elle] embarque moins de la moitié du parti.» Et la présidente d’Occitanie de réclamer que les militants PS soient consultés pour validation, «ce qu’est prête à faire la direction du PS», assure le Parisien. De son côté, le Premier secrétaire garantit au contraire qu’au sein de sa formation, «ceux qui étaient sceptiques sur le format Bagneux jugent tous aujourd’hui qu’il est utile». Et d’argumenter auprès de Libé : «Je ne connais pas d’autres moyens. Puis, quand le seul mode d’emploi commun c’est la primaire, il faut s’embarquer dedans.» Delga et Faure sont dans un bateau, qui tombe à l’eau ?
A la foire et au moulin
Les députés sont tiraillés. D’un côté, ils aimeraient être présents dans leurs circos pour labourer le terrain au cas où il y ait une prochaine dissolution et qu’ils doivent repartir en campagne. De l’autre, ils sont priés de rester mobilisés dans l’hémicycle pour les débats budgétaires et pousser leurs pions. Président des députés Modem, Marc Fesneau a clairement demandé à ses ouailles de privilégier le travail parlementaire le temps de doter la France d’un Budget. «Ce n’est pas la peine d’aller en circonscription. Si vous allez en “circo”, les gens vous disent : “Tu n’es pas en séance ?”», a expliqué l’ancien ministre bayrouiste à des élus, selon le Figaro. Et Fesneau d’ajouter : «C’est bien d’être à la “foire à la citrouille”, mais les gens diront : “T’as laissé voter ça !”»
Et sinon…
Ça a aussi bougé à gauche ce week-end pour les municipales : pour «ne pas laisser Marseille aux magouilleurs», LFI a officialisé la candidature du député Sébastien Delogu ; à Grenoble, écologistes et socialistes ont décidé de faire liste commune derrière la verte Laurence Ruffin, héritière désignée du sortant Eric Piolle ; et au Havre, 7 formations politiques (sauf LFI) se sont rassemblées en un «Front populaire havrais» face à Edouard Philippe.




