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Dernier round

Futur gouvernement : Michel Barnier tient une réunion de la dernière chance avec les centristes et la droite ce jeudi après-midi

Après deux semaines de rendez-vous avec les forces politiques, Michel Barnier pourrait annoncer rapidement son gouvernement, alors qu’il a convié les formations susceptibles de participer à son gouvernement ce jeudi 19 septembre à Matignon à 15 heures.

Michel Barnier le 7 septembre à l'hôpital Necker à Paris. (Gabrielle Cezard/Abaca)
Publié le 19/09/2024 à 11h57, mis à jour le 19/09/2024 à 15h50

Quatorze jours de consultations. Mais, promet Matignon, ce jeudi 19 septembre devrait être le dernier. Après avoir reçu ce matin, séparément, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et son homologue du Sénat, Gérard Larcher, Michel Barnier reçoit cet après-midi les différentes formations susceptibles de participer à son gouvernement.

Vers 15 heures, le ballet s’est mis en marche à Matignon, avec l’arrivée du président du parti Les Centristes Hervé Morin, suivit de l’ancien ministre de l’Agriculture Marc Fesneau (MoDem) et du président du groupe parlementaire Union centriste, Hervé Marseille. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Edouard Philippe sont aussi de la partie, aux côtés des Républicains Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau. Ce matin, Matignon annonçait «dernière journée de consultation», après un défilé des forces politiques pendant deux semaines, en vue de la «formation rapide» d’un gouvernement.

Alors que la France avance avec des ministres démissionnaires depuis 65 jours, cette journée annonce l’aboutissement d’un cycle. Depuis deux semaines, Michel Barnier consulte les forces politiques mais peine à toutes les contenter. Certaines ont déjà annoncé qu’elles refusaient d’être au gouvernement. A gauche, les Ecologistes, La France insoumise et le Parti socialiste n’avaient pas assisté à ces consultations (les insoumis n’avaient d’ailleurs pas été invités), se contentant de passer quelques appels. Seul parti du Nouveau front populaire à s’être rendu à Matignon, le Parti communiste et son secrétaire général Fabien Roussel y était allé «sans illusions» et n’ont d’ailleurs pas été réinvités aux consultations du jour. A l’extrême droite, le Rassemblement national a aussi refusé d’entrer dans le gouvernement Barnier.

Réunions reportées

Ces derniers jours, les consultations ont donc surtout concerné le camp présidentiel et Les Républicains, famille politique du chef du gouvernement. Lundi, les cadres du parti de droite étaient accueillis dans le bureau du Premier ministre. Une réunion pendant laquelle Laurent Wauquiez, Gérard Larcher et Bruno Retailleau avaient assuré Michel Barnier de leur soutien. Mais les relations se sont visiblement tendues, au point que la rencontre prévue entre eux a été reportée à la demande de Matignon. Des tensions peuvent en cacher d’autres. Le point avec les macronistes a également été reporté hier. En cause, les désaccords sur la question des hausses d’impôts, que Michel Barnier n’exclut pas. Un différend qui est remonté jusqu’à l’Elysée, puisqu’une rencontre entre Emmanuel Macron et son Premier ministre a même fait émerger la rumeur, balayée depuis par ses proches, d’une démission possible de Michel Barnier.

Pressé par Emmanuel Macron de constituer un gouvernement d’union nationale, ignoré par la gauche, Michel Barnier a même vu le rapporteur général de la commission des finances centriste Charles de Courson (Liot) refuser un poste de ministre, en l’absence de «majorité stable» et de l’assurance de «faire des économies justes». Le même Charles de Courson qui s’est rendu ce mardi à Matignon, en compagnie du président de la commission des finances Eric Coquerel, pour réclamer les fameuses lettres plafonds, indispensable à la constitution du budget, que refuse de donner le Premier ministre malgré la date limite largement dépassée. Dans ce grand bazar politique, l’ancien commissaire peine à trouver des alliés certains.

Mise à jour : à 15h40 avec l’arrivée des chefs des partis susceptibles de participer au gouvernement.

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