Sébastien Lecornu avait fixé ce dimanche comme date limite. Mais le remaniement gouvernemental ne devrait pas avoir lieu avant le milieu de la semaine prochaine, au plus tôt, ont fait savoir ce samedi 21 février des sources concordantes au sein de l’exécutif, confirmant des informations du Parisien, qui évoque «mercredi au plus tôt».
Le Premier ministre Sébastien Lecornu «attend de savoir quand sera discutée l’éventuelle motion de censure du Rassemblement national» et «par respect pour le Parlement, on ne va pas modifier le gouvernement avant», a expliqué son entourage.
Cette motion, que le RN espérait initialement transpartisane, porterait sur la feuille de route énergétique du pays, récemment fixée par décret, alors que le parti d’extrême droite réclamait une loi. Dénonçant un «passage en force», le RN pourrait donc déposer son texte lundi, selon une source au sein de l’exécutif, entraînant un examen dans l’hémicycle mercredi au plus tôt.
Enquête
Bien que la motion ait peu de probabilité d’être voté, en l’absence des voix de la gauche, cela repousserait de facto le remaniement, auquel le Premier ministre entendait initialement procéder avant le début de la période de réserve des élections municipales, ce dimanche.
Trois ministres au moins sont sur le départ : celle de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris ; celle du Budget Amélie de Montchalin, nommée à la Cour des comptes ; et celle chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées Charlotte Parmentier-Lecocq qui souhaite retrouver son siège de députée.
La prise de fonction d’Amélie de Montchalin dès ce lundi rue de Montpensier obligera d’ailleurs l’exécutif à la «dénommer» officiellement dimanche, a expliqué l’entourage de Sébastien Lecornu. Pour la remplacer, l’actuel ministre délégué à la Fonction publique David Amiel, macroniste pur jus, tient la corde, selon plusieurs sources gouvernementales. Reste à savoir si celui-ci sera promu dès dimanche, ou si le ministre de l’Economie Roland Lescure assurera quelques jours d’intérim, comme le suggère une source au sein de l’exécutif.
Dati fait de la résistance
Même si l’entourage du Premier ministre assure que le «cas Dati n’a rien à voir» avec les nominations, plusieurs sources, à l’image de ce proche du président, soulignent que la ministre de la Culture ne serait guère pressée de quitter son poste : «elle s’accroche comme une bernique» et «fait du lobbying» pour rester le plus longtemps possible. Le Parisien suggère qu’elle espèrerait pouvoir participer à la nomination d’un nouveau patron du Louvre, mercredi en Conseil des ministres, voire qu’elle souhaiterait conserver son maroquin dans l’hypothèse d’une défaite aux municipales à Paris.
L’intéressée s’est contentée de promettre mercredi dernier qu’elle «quitterai (t) le gouvernement avant les élections», dont le premier tour est le 15 mars, rappelant qu’Edouard Philippe était en son temps resté à Matignon en menant de front sa campagne municipale au Havre en 2020.
Pour la remplacer, Catherine Pégard, ancienne présidente du château de Versailles, ex-conseillère culture de Nicolas Sarkozy et actuellement conseillère d’Emmanuel Macron, tient la corde.




