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Crise

Gouvernement technique : pourquoi l’Italie a ouvert la voie

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Régulièrement secoués par l’instabilité politique, nos voisins ont, plusieurs fois, expérimenté des gouvernements dirigés par des économistes. Avec, à chaque fois, une poussée populiste.

Le président italien Carlo Azeglio Ciampi, le 26 avril 2000, serrant la main au ministre des Affaires étrangères, Lamberto Dini, sous les yeux du nouveau Président du Conseil, Giuliano Amato, à Rome. (Giandotti/AFP)
ParEric Jozsef
correspondant à Rome
Publié le 10/10/2025 à 8h13

«Il faut un gouvernement technique pour sauver la France.» Il y a déjà un mois, l’ancien président du Conseil et de la Commission européenne Romano Prodi suggérait cette solution aux voisins transalpins pour sortir de l’impasse. Dans un article sur le quotidien romain Il Messaggero, il expliquait au lendemain de la démission de François Bayrou et la nomination express de Sébastien Lecornu : «La tâche quasiment impossible [de ce dernier] est rendue possible uniquement par le fait que la recherche d’un compromis est la condition nécessaire pour la survie de la législature. Avec toutes les différences existantes entre la France et l’Italie, il s’agit au fond d’une perspective de gouvernement technique, une invention italienne.» Car depuis 1993, la péninsule a connu pas moins de quatre gouvernements techniques, c’est-à-dire dirigés par des experts, non élus. En fait, tous les quatre par des économistes.

En pleine crise financière et alors que la classe politique est décapitée par les enquêtes anti-corruption de la magistrature (

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