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Interdire le voile aux mineures dans l’espace public : la réponse-troll des écolos à la proposition de la droite

Les députés écologistes s’opposent à ce texte porté par LR et jugé «inégal, arbitraire et inapplicable».

Le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, le 21 novembre 2025. (Alain Jocard/AFP)
Publié le 22/01/2026 à 9h59

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Le jeudi, c’est pas ravioli mais jour de niche à l’Assemblée. Et ce jeudi 22 janvier, c’est LR qui est maître de l’ordre du jour. Le groupe présidé par Wauquiez va notamment faire parler de lui avec sa proposition de loi visant à «interdire le voilement des mineures dans l’espace public». Un texte que la gauche va combattre fermement. Notamment en trollant, à l’instar du groupe écologiste, comme l’a noté Politico.

Dans un «amendement d’appel», le groupe des verts explique ainsi viser «à préciser les exceptions applicables à l’interdiction proposée, en listant les couvre-chefs pouvant être portés par des jeunes filles mineures dans l’espace public». «En l’état, la formule «une tenue destinée à dissimuler sa chevelure» [utilisée par LR, ndlr] est d’une imprécision manifeste», fustigent-ils dans l’exposé des motifs, expliquant que le texte de loi tel que rédigé «pourrait en effet englober un grand nombre de situations dépourvues de tout caractère religieux : port d’une perruque, d’une capuche, d’une casquette, d’un bonnet…»

«Casquettes à l’envers» et «coiffes bretonnes»

Aussi les verts ont-ils fait preuve d’imagination et d’humour pour démonter la proposition de loi de Wauquiez & cie. L’amendement en question propose donc d’exempter de ce texte une longue liste d’accessoires : «Des capuches par temps de pluie, des chapkas par temps de neige, des bagnolettes par temps ensoleillé, des chèches en zone désertique, des perruques en soirée déguisée, des casquettes à l’envers pour les fans de Sexion d’Assaut, des chapeaux de cow-boy pour les danseuses de country, des faluches pour les étudiantes en médecine, des coiffes bretonnes dans les Côtes-d’Armor, des bonnets phrygiens pour Marianne, des attifets pour Catherine de Médicis, des durags pour Rihanna, des némès pour Cléopâtre, et des chapeaux melon par attachement à la liberté de style.»

Et de conclure que «cette précision vise ainsi à souligner les limites d’un dispositif dont la rédaction, en l’état, ouvrirait la voie à une application inégale, arbitraire et inapplicable dans les faits». Drop the mic.

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