«Un chemin de croix.» C’est ainsi que Mamadou Dissa résume, en ce qui le concerne, son mandat municipal à Charvieu-Chavagneux, en Isère. En six ans, ce conseiller d’opposition est devenu l’ennemi numéro un du maire historique de la commune, le très droitier Gérard Dézempte, dont le règne sulfureux dure depuis 1983. L’élu, qui se targue d’être un «pur gaulliste» et un partisan de la première heure d’Eric Zemmour et son «union des droites» – entendu «avec l’extrême droite» – est passé maître dans l’art de flirter avec la loi, distillant les attaques ad hominem dans des communiqués diffamatoires et des discours aux relents racistes et xénophobes.
«Toutes les occasions sont bonnes pour vous dire que vous êtes un citoyen de seconde zone, une pièce rapportée qui ne devrait même pas être là, on rentre dans une espèce de délit d’origine, de faciès, parce qu’on ne s’appelle pas Durand ou Dupont», constate Mamadou Dissa. Né au Burkina Faso, l’homme de 59 ans est arrivé




