Tout le monde ne fait pas le dry january, cette campagne mi-sanitaire, mi-marketing, qui pousse les Français à ne plus boire d’alcool ce premier mois de l’année alors qu’il faudrait plus véritablement prôner un dry year. Mais les Français ne sont pas prêts pour ce débat. Hier, à l’occasion de ses vœux à la presse, Jordan Bardella a donc semblé très inquiet de l’alcoolisme d’un ancien compagnon de route, Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump et propagandiste de l’extrême droite partout dans le monde. La semaine dernière, dans Complément d’enquête, le même Bannon dévoilait son plan : pour «tuer l’Union européenne», il mise sur Marine Le Pen plutôt que sur «le gamin» Bardella. «C’est un poids plume, a renchéri l’Américain au sujet du chef de l’extrême droite française. Il est incapable de sortir la France de la crise.»
Bardella s’est d’abord étonné que le service public donne la parole à un homme qui fait des saluts nazis sur scène. Puis il a attaqué Bannon, le qualifiant d’alcoolique : «On parlait toute à l’heure de la doctrine Monroe [doctrine établissant une sphère d’influence américaine dans tout l’hémisphère occidental, ndlr]. Lui c’est plutôt la doctrine poivrot.»
Un jeu de mots en guise d’attaque perso sur le passé alcoolique de Bannon – il dit être sobre depuis 1998 – et qui témoigne de la grande tension actuelle entre Bardella et l’ancien conseiller de Trump. Mais ce serait oublier un peu vite qu’en 2018, le FN avait déroulé le tapis rouge à Bannon, invité vedette du congrès du parti. A l’époque, personne à l’extrême droite ne le trouvait trop sulfureux. Mais les choses ont changé et, désormais, le boss du RN tente, avec d’autres, de faire croire qu’il ne connaît pas vraiment Bannon. Bah si pourtant.




