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La feuille de route climatique du gouvernement ne sera «pas le grand soir», prévient la ministre de la Transition écologique

Dans «les Echos», Monique Barbut a estimé ce jeudi 11 décembre que le projet de troisième Stratégie nationale bas-carbone serait loin d’avoir un impact sur les modes de vie mais reste optimiste sur la baisse des émissions françaises.

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, au Brésil le 21 novembre 2025. (Pablo Porciuncula/AFP)
Publié le 11/12/2025 à 22h13

Une urgence ? Quelle urgence ? Le gouvernement français s’apprête à publier son projet de feuille de route pour lutter contre le changement climatique, qui s’appuie sur «les leviers» dont il «dispose déjà» et ne sera «pas le grand soir», avertit la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, ce jeudi 11 décembre dans les Echos. La France doit présenter vendredi son projet de troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC-3), l’un des textes clés pour la stratégie climatique du pays, très attendu.

Ce texte, qui détaille la manière dont la France entend réduire de moitié ses émissions brutes d’ici à 2030 par rapport à 1990, est mis en consultation pour une adoption finale vraisemblablement au cours des premiers mois de 2026. «Cette stratégie n’est pas une façon de dicter des changements de mode de vie, elle met l’accent sur les leviers dont nous disposons déjà : déployer davantage les pompes à chaleur, promouvoir les véhicules électriques […] Ce n’est pas le grand soir», dit la ministre aux Echos.

La baisse des émissions françaises se tasse

Alors que la France a émis quelque 375 millions de tonnes (Mt) de CO2 en 2023, des plafonds d’émissions sont fixés à 347 Mt par an pour la période 2024-2028, 265 Mt pour 2029-2033 puis 192 Mt pour 2034-2038, selon Les Echos. Soit un rythme de baisse de 5 % par an d’ici 2030, loin de la tendance actuelle. La baisse des émissions de la France s’est en effet fortement tassée dernièrement. Elle n’était que de -1,8 % en 2024, selon l’association chargée par le gouvernement d’établir ce bilan, le Citepa, qui n’anticipe qu’une faible diminution de 0,8 % pour 2025.

L’accélération de la baisse des émissions sera permise «en suivant notre programme de sortie progressive des énergies fossiles, en mettant en place des politiques de sobriété et d’efficacité énergétique, en renforçant les puits de carbone», assure la ministre. Pour les transports, le gouvernement vise, par exemple, une part de deux tiers de voiture électriques dans les ventes de voitures neuves en 2030. Côté agriculture, la consommation de davantage de légumes et légumineuses est encouragée, mais la viande n’est pas explicitement ciblée.

La SNBC-3 acte également la dégradation du puits de carbone naturel, c’est-à-dire l’absorption du CO2 par les sols et les forêts français, sous l’effet des sécheresses et des parasites. Ce puits est estimé à 25 Mt de CO2 absorbées en 2030 et 24 Mt en 2050 (contre 37 Mt en 2023). Cette publication «doit absolument donner un nouvel élan aux politiques de transition écologique qui ont subi de nombreux reculs ces derniers mois et accélérer la sortie des énergies fossiles», a commenté Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat.

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