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Le billet de Thomas Legrand

La laïcité à la française a 120 ans et plus toutes ses dents

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Entre dénaturation identitaire et accommodements anti-laïcs, la loi de 1905, dans son esprit originel, a aujourd’hui beaucoup d’adversaires et peu d’avocats.

Manifestation contre l'islamophobie à l'occasion du procès de Marion Maréchal, devant le palais de justice de Valence, le 16 octobre 2025. (Nicolas Guyonnet/Hans Lucas. AFP)
Publié le 08/12/2025 à 11h15

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La loi de 1905 et que l’on n’appelait pas, dans le débat public acharné d’alors, «loi sur la laïcité» mais «loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat», est une norme qu’Aristide Briand, Georges Clemenceau et Jean Jaurès, donc la gauche, ont voulue de concorde et d’équilibre. Elle fut élaborée malgré l’hostilité de la droite, le «parti clérical» bien peu républicain, et les anticléricaux ultras «d’extrême gauche» qui voulaient carrément interdire la religion.

Cette loi de compromis parlementaire (ce n’était pas un projet de l’exécutif) assoit une spécificité nationale, souvent incomprise à l’étranger mais, à l’usage, très largement acceptée, au moins depuis la Première Guerre mondiale en France. La loi de 1905 est une législation à laquelle, même sans la connaître dans le détail, les Français, dans leur immense majorité, sont attachés. Ils savent confusément qu’elle est constitutive du «modèle républicain». Le mot «laïcité» est devenu aujourd’hui, c

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