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Droit de suite

L’assassin de Samuel Paty «pas un fanatique musulman» : la vidéo qui gêne la députée LFI Nathalie Oziol

L’élue insoumise accusait «Libération» de mentir au sujet de ces propos. Nous en publions l’enregistrement.

Nathalie Oziol à Montpellier en 2024. (Sylvain Thomas /AFP)
Publié le 06/11/2025 à 6h42

Accuser quelqu’un de mentir, en mentant : la députée LFI de l’Hérault Nathalie Oziol a osé. Mercredi 5 novembre, Libération publiait un article sur les accusations de communautarisme électoral qui visent le mouvement de Jean-Luc Mélenchon à l’approche des municipales. Nous évoquions notamment une boucle WhatsApp intitulée «Oumma Montpellier», qui soutenait LFI pendant les européennes, et appelle aujourd’hui à battre le maire PS Michaël Delafosse. Le 5 juin 2024, Nathalie Oziol était interrogée par l’administrateur de cette boucle dans sa permanence. Dans une vidéo de l’entretien consultée par Libé, elle déclarait ne «pas être d’accord» pour qu’on dise, comme «le maire de Montpellier», «que c’est un fanatique musulman» qui a tué le professeur Samuel Paty le 16 octobre 2020.

Abdoullakh Anzorov, qui a décapité l’enseignant, a pourtant revendiqué avoir «vengé le prophète», juste avant d’être abattu par la police. «Frères, priez pour qu’Allah m’accepte en martyr», disait-il encore. L’enquête a établi que le terroriste a grandi dans un climat de fondamentalisme religieux, et publiait sur les réseaux sociaux des messages ultraradicaux. Pourtant, «c’est pas une question de religion, mais de moyens, de hiérarchie, de comment le gouvernement considère l’Education nationale, estimait la députée. Mon rôle, c’est de réaxer : on arrête les diversions, de cibler les boucs émissaires, on remet le curseur sur les vrais problèmes.»

Mercredi, à la suite de notre article, Nathalie Oziol a posté sur X un message, ensuite supprimé : «Charlotte Belaich [autrice de l’article, ndlr] est une menteuse récidiviste. Je n’ai jamais parlé à cette personne, nous ne nous sommes jamais rencontrés.» Dans un second tweet, elle a affirmé que ses propos avaient été «truqués», «sans respect du contradictoire».

Nous publions donc la vidéo où l’élue prononce ces mots. La coupe dans ses propos est présente dans le montage d’origine, réalisé par les animateurs du groupe «Oumma Montpellier» et dont Libération n’a rien altéré.

Libération a proposé à Nathalie Oziol de confirmer ces propos et de les expliquer. L’élue n’a pas donné suite.

Si la vidéo ne s’affiche pas, cliquez ici.

Article mis à jour le 07/11/2025 avec une précision sur la coupe perceptible dans la vidéo

Droit de réponse de Nathalie Oziol

Je souhaite apporter les précisions suivantes en réponse à l’article ci-avant. En effet, je ne saurais tolérer qu’on laisse entendre que je pourrais être ambigüe concernant l’assassinat de Samuel Paty. En juin 2024, j’ai échangé avec un habitant de la Paillade qui m’a proposé de m’exprimer sur le sujet de l’islamophobie et de filmer l’entretien pour le diffuser dans ses réseaux d’habitant·es, ce que j’ai accepté. Je maintiens les propos tenus lors de cet entretien : je ne suis pas d’accord pour que l’on qualifie l’auteur de cet attentat de «fanatique musulman». Il s’agissait d’un terroriste islamiste. Le qualifier de «musulman» constitue, selon moi, un amalgame inacceptable qui nourrit l’islamophobie en France. Ce climat a des conséquences graves : plusieurs attaques à caractère raciste ont visé des musulmans en 2025. Mes propos ne sauraient être interprétés autrement. En outre, je précise que mon message sur X, affirmant n’avoir jamais échangé avec cette personne, visait Madame Belaïch, autrice de l’article que je commentais. Je l’ai néanmoins supprimé pour éviter toute ambiguïté.

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