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Justice

Le maire RN de Fréjus, David Rachline, sera jugé en septembre pour favoritisme

L’ex-numéro 3 du Rassemblement national devra se présenter devant la justice un an après son procès pour «prise illégale d’intérêts» pour une affaire d’attribution de marché public. Il a récemment quitté ses fonctions de vice-président du parti d’extrême droite.

David Rachline, au Zénith de Lille, en mars 2018. (Denis Allard/Libération)
Publié le 19/12/2025 à 13h20

Un an après son procès pour «prise illégale d’intérêts», le maire RN de Fréjus, David Rachline, sera présenté au tribunal pour «favoritisme». Le 22 en septembre 2026, il fera face à la justice pour une affaire d’attribution de marché public.

A l’issue d’une enquête préliminaire, Rachline et plusieurs collaborateurs (anciens ou actuels) sont poursuivis pour avoir favorisé la société de sécurité d’un proche du maire, pour sécuriser la mairie, l’office du tourisme ou encore le centre de vaccination contre le Covid-19, a précisé Pierre Coutenier, procureur de la République de Draguignan.

Selon le Nouvel Obs, ces contrats portent sur un total de 263 000 euros. Et dans cette affaire, David Rachline a passé deux jours en garde à vue fin novembre. Le maire de Fréjus a démissionné de son poste de vice-président du Rassemblement national dans la foulée, début décembre, «pour éviter que les accusations médiatiques portées à [son] encontre ne soient utilisées de façon malveillante pour nuire à la dynamique du RN, tout en continuant à rester adhérent du mouvement». Il n’aura pas l’investiture du parti pour l’élection municipale de 2026 : «il ne l’a pas demandée», avait évacué Marine Le Pen après son procès.

Conseiller municipal à 20 ans, maire et sénateur à 26, réélu dès le premier tour en 2020, Rachline a dirigé la campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017.

Cadeaux onéreux et arrangements

Loin de l’image d’exemplarité revendiquée par le parti d’extrême droite dans sa gestion municipale, une enquête journalistique de 2023 (les Rapaces, de Camille Vigogne Le Coat, éd. les Arènes) révélait un certain nombre de passe-droits, de marchés publics juteux, d’enveloppes de liquide, de cadeaux onéreux, d’arrangements politiques passés avec des élus Les Républicains du coin… le tout dans un climat empreint de racisme et d’antisémitisme.

De «pures inventions», répète le maire de Fréjus, qui poursuit la journaliste en justice, mais fait aussi l’objet d’une enquête pour corruption menée par le Parquet national financier. En mars dernier, la mairie de Fréjus ainsi que plusieurs sociétés étaient perquisitionnées dans le cadre de cette enquête.

Dans l’affaire précédente, où il est soupçonné d’avoir influé sur les délibérations du conseil municipal après sa nomination à la tête de deux sociétés d’économie mixte, 10 000 euros d’amende ont été requis contre lui, avec une peine complémentaire d’inéligibilité assortie de sursis, sans exécution provisoire. La décision sera rendue le 27 janvier.

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