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Pression

Le RN et LFI déposent une motion de censure contre Sébastien Lecornu sur la programmation pluriannuelle de l’énergie

Le parti d’extrême droite dénonce «un acte illibéral contre le Parlement» et «une politique décroissante qui […] fait peser un risque majeur sur les finances publiques». De son côté, LFI fustige un texte «inacceptable».

Sur les bancs du RN à l'Assemblée nationale le 12 novembre 2025. (Gonzalo Fuentes/Reuters)
Publié le 23/02/2026 à 9h47, mis à jour le 23/02/2026 à 14h20

C’est la fameuse motion qui a, selon le narratif de l’exécutif, retenu la main du Premier ministre alors qu’il était censé remanier son gouvernement avant le week-end écoulé. Le Rassemblement national a déposé ce lundi 23 février une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu pour protester contre la publication par décret le 13 février de la stratégie énergétique d’ici 2035. Dans la foulée, La France insoumise a elle aussi déposé une motion de censure pour les mêmes motifs, a annoncé ce lundi sur X la cheffe des députés LFI Mathilde Panot.

Côté RN, la présidente du groupe, Marine Le Pen, avait appelé les députés hostiles à cette Programmation pluriannuelle de l’énergie (PP3) à déposer une motion de censure, annonçant que son parti le ferait sinon. Le parti d’extrême droite proteste «sur la forme» contre «un acte illibéral contre le Parlement», estimant que le gouvernement aurait dû passer par la loi, en vertu du code de l’énergie.

Sur le fond, le RN pointe un «choix irrationnel» des énergies intermittentes dicté par la Commission européenne, évoquant «une politique décroissante qui accélère les énergies intermittentes, ment sur le nucléaire et fait peser un risque majeur sur les finances publiques».

Les motions de censure seront examinées au plus tôt mercredi, en raison d’un délai obligatoire de 48 heures entre le dépôt et l’examen. Celle du RN n’a guère de chance d’être adoptée, alors que jusqu’ici les motions de censure du RN n’ont jamais été votées par la gauche.

Du côté de celle du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, le groupe parlementaire insoumis «propose aux députés issus du NFP de cosigner» ce texte, a précisé Mathilde Panot. Et celle-ci de poursuivre : «Il est inacceptable que de telles décisions qui engagent notre pays pour des décennies soient prises par décret, sans débat ni vote de l’Assemblée».

Trois ans de débats intenses

Le gouvernement a dévoilé le 12 février sa nouvelle stratégie politique énergétique, après trois ans d’intenses débats et d’innombrables reports. Mettant l’accent sur la relance de la consommation d’une électricité décarbonée, notamment d’origine nucléaire, en remplacement des énergies fossiles coûteuses à importer, la feuille de route du gouvernement a aussi acté un moindre déploiement de l’éolien terrestre et du solaire.

La droite sénatoriale a elle aussi protesté vivement contre le choix du gouvernement de passer par décret. Un débat sur le sujet est prévu lundi après-midi au Sénat, à la demande du président de la chambre haute, Gérard Larcher.

Mise à jour à 14 h 12, avec le dépôt de la motion de censure par LFI.

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