Il faut regarder la frite qu’il tient entre ses doigts pour s’apercevoir du bonheur de Fabien Roussel. Le bout de pomme de terre du candidat communiste, assis à la table du réfectoire d’une colonie de vacances, s’agite sous l’effet des secousses de son rire quand il ne la remue pas sans s’en rendre compte, tout à l’explication de son «projet pour la France». Cela fait une heure que les jeunes de cette colo située dans le XXe arrondissement de Paris l’interrogent. Plus les minutes passent, plus ils s’agglutinent autour du candidat, intrigués par le brouhaha qui vient de sa table. «Viens là, prends une chaise», lance-t-il à l’un. «Allez, maintenant c’est Charlotte qui pose sa question», dit-il à tous les autres, comme s’il les connaissait depuis longtemps déjà.
Le député PCF du Nord sait mettre les gens aussi à l’aise que lui. Une dizaine de smartphones le filment désormais. Peu importe si leurs propriétaires ne savaient pas qui il était le matin même, et peut-être, pour certains, l’ignorent encore. Fabien Roussel fait l’animation. Il explique le communisme : «Croire que l’être humain doit être la priorité de tous les choix.» Lance un : «Si je suis élu, plus de devoirs !» Puis prend des selfies en faisant le signe du rappeur Jul à la demande d’une adolescente qui veut publier elle-même la photo sur le compte Instagram du candidat. Roussel laisse faire et gagne une voix : «Promis, je dis à mes parents de voter pour vous.» «Attention a




