Menu
Libération
Billet

L’homophobie prêtée à Michel Barnier, une boule puante populiste

Réservé aux abonnés

A peine nommé à Matignon, le nouveau Premier ministre d’Emmanuel Macron s’est vu reprocher des positions d’il y a plus quarante ans par les insoumis.

Michel Barnier et Jacques Chirac, à l'hôtel de ville de Paris, le 21 décembre 1981. (Bernard Charlon)
ParJean Quatremer
Correspondant européen
Publié le 06/09/2024 à 22h40

Jean-Luc Mélenchon n’a pas attendu longtemps pour relayer une boule puante contre Michel Barnier. Prenant la parole, jeudi, le patron de La France insoumise a dénoncé la désignation de «quelqu’un qui a voté contre la décriminalisation de l’homosexualité» et s’est interrogé sur «le sens d’un tel message», sous-entendant ainsi qu’il s’agissait de plaire à l’extrême droite homophobe. Aussitôt, les porte-flingues de LFI se sont fait un plaisir de relayer «l’information» : pensez donc, Emmanuel Macron a envoyé un homophobe à Matignon.

Le procédé est bien connu des populistes : on prend du faux, de l’amalgame, du sous-entendu, du raccourci et on enveloppe le tout dans un fond de vérité. Reprenons pour essayer d’y voir clair, car Mélenchon fait référence à une époque que seuls les plus de 60 ans ont connue. Juste après le retour de la gauche au pouvoir, en mai 1981, l’Assemblée nationale vote, le 27 juillet 1982, la proposition de loi déposée par le député socialiste Raymond Forni – et dont Gisèle Halimi était la rapporteure – abrogeant l’article 331 alinéa 2 du code pénal qui fixait la majorité sexuelle pour les homosexuels à 18 ans alors qu’elle était de 15 ans pour les hétérosexuels. Il ne s’agissait donc nullement de «décriminaliser» l’homosexu

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique