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Justice

L’inéligibilité de Patrick Balkany confirmée par la cour d’appel de Paris

L’ancien maire de Levallois-Perret avait été reconnu coupable en 2020 et 2021 de fraude fiscale et de blanchiment aggravé. Il a appris, mercredi 5 novembre, qu’il devra bien continuer de purger les dix ans d’inéligibilité qui avaient alors été prononcés.

Patrick Balkany, le 1er février 2017 à Paris. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 05/11/2025 à 13h57

La cour d’appel de Paris a confirmé, mercredi 5 novembre, la peine de dix ans d’inéligibilité prononcée en 2020 et 2021 contre Patrick Balkany. Il ne pourra donc pas être candidat aux municipales de 2026 dans son fief de Levallois-Perret, intention dont il avait ouvertement fait part sur RTL fin octobre. A moins que le pourvoi en cassation annoncé par son avocat ce mercredi après le jugement ne revienne sur cette décision. «Si elle est levée, je me présenterai à la mairie, avait-il expliqué. Et si elle n’est pas levée, je présenterai une liste. […] C’est ma vie, j’ai passé quarante ans à la mairie, j’ai passé vingt-cinq ans à l’Assemblée nationale.»

Le tribunal correctionnel de Paris avait rejeté en février la demande de l’ex-élu, qui avait aussitôt fait appel. En 2020 puis en 2021, Patrick Balkany et son épouse Isabelle avaient été reconnus définitivement coupables de fraude fiscale et de blanchiment aggravé pour avoir dissimulé, entre 2007 et 2014, quelque 13 millions d’euros d’avoirs au fisc, notamment deux fastueuses villas dans les Caraïbes et au Maroc.

Prison et bracelet électronique

Après plusieurs péripéties procédurales, Balkany avait été finalement condamné à quatre ans et demi de prison ainsi qu’à 100 000 euros d’amende et une peine complémentaire de dix ans d’inéligibilité. Il avait été démis de son mandat, comme son épouse, dès mars 2020, car la peine d’inéligibilité était assortie de l’exécution immédiate. L’ancien baron des Hauts-de-Seine, qui avait déjà passé cinq mois en prison entre 2019 et 2020, a été à nouveau incarcéré pendant six mois, de février à août 2022, pour ne pas avoir respecté les contraintes de son bracelet électronique.

«Après douze mois de prison, vingt mois de bracelet, il est temps de tourner la page», avait déclaré son avocat, Me Robin Binsard, lors de l’examen de sa demande par la cour d’appel le 1er octobre. «La retraite, c’est l’antichambre de la mort», avait lancé Patrick Balkany fin 2024. «Et je n’ai pas envie de mourir, je suis beaucoup trop jeune pour mourir», avait ajouté l’ancien élu. «Je m’ennuie beaucoup, la retraite c’est pas un truc pour moi, j’ai toujours dit que je mourrai dans mon bureau», avait-il poursuivi, assurant que lors de ses promenades, des habitants de sa ville l’arrêtaient «tous les 10 mètres» pour lui demander de revenir. Il avait qualifié de «grotesque» et d’«antidémocratique» l’inéligibilité décidée par les juges, faisant valoir que «les Français sont capables de choisir leurs élus».

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