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Logement social : Dati dément être intervenue pour sa sœur… mais est démentie par une maire LR parisienne

La ministre de la Culture jure n’être pour rien dans l’attribution d’un logement social à sa sœur, mais la maire LR du VIIIe arrondissement, Jeanne d’Hauteserre, maintient avoir été contactée par elle.

La ministre française de la Culture, Rachida Dati, à Créteil (Val-de-Marne) le 25 novembre 2025. (Thibaud Moritz/AFP)
Publié le 03/12/2025 à 10h59

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Voilà deux mois que Rachida Dati est accusée d’être personnellement intervenue pour fournir un logement social à sa sœur. Des faits qui démontreraient les pratiques népotiques de la candidate à la mairie de Paris et souligneraient son hypocrisie sur le logement social, elle qui s’y oppose radicalement à Paris, et notamment dans le VIIe arrondissement dont elle est maire.

C’est la maire LR du VIIIe arrondissement, Jeanne d’Hauteserre, qui a allumé la mèche en racontant, en plein conseil de Paris le 9 octobre, avoir «des amis, et notamment des maires de [son] bord, qui [lui] demandent un logement social pour leur famille». Cinq jours plus tard, le Canard enchaîné affirme que ce sont bien la ministre de la Culture et sa sœur qui sont visées dans le récit de Hauteserre. Mais Dati dément toute intervention, affirmant que sa sœur a été logée par l’intermédiaire de son employeur, Veolia.

Jeanne d’Hauteserre maintient ses accusations

La gauche fait évidemment son miel de cette affaire. «La droite de Dati n’aime pas le logement social*. *Sauf lorsqu’il s’agit de loger sa propre famille», a ironisé le candidat PS à l’hôtel de ville, Emmanuel Grégoire, mardi 2 décembre. Réaction immédiate de la toujours proche de Nicolas Sarkozy, dans un communiqué outré sur X. Visant «les propos de Grégoire», Dati s’indigne : «Les personnes qui, par pur opportunisme politique, me contraignent à exposer la vie privée de ma sœur m’inspirent un profond dégoût.» Et la ministre de raconter que, comme elle-même, sa sœur Jamila a été mariée de force avant de se «retrouv [er] quelques années plus tard en grande souffrance, seule avec ses cinq enfants à charge, dans un contexte de violences». «Elle a alors cherché à protéger ses enfants et a fait valoir ses droits, comme n’importe quelle citoyenne est autorisée à le faire, sans aucune intervention de ma part. D’ailleurs, aucun courrier ni message n’a jamais été produit par ceux qui cherchent à me nuire», martèle encore Dati.

Sauf que. Interrogée par Mediapart mardi, Jeanne d’Hauteserre maintient ses accusations, en nommant clairement sa camarade de parti : «J’ai bien reçu un courrier de Dati me demandant si je pouvais faire quelque chose pour l’un des membres de sa famille qui souhaitait un logement social. Je lui ai répondu en expliquant pourquoi je ne le ferais pas.» Et nos confrères affirment que le «logement social du bailleur CDC Habitat» dans lequel habite la sœur de Dati «n’a jamais été attribué par Veolia mais bien par la commission d’attribution des logements du XVe [arrondissement] en 2012».

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