A quoi sert encore la droite LR ? La question plane de façon lancinante sur la rue de Vaugirard, siège du parti, depuis maintenant plusieurs années. Alors qu’une large part de son électorat historique vote Macron, plus encore en 2022 qu’en 2017, et que la majorité actuelle compte nombre d’anciens LR, d’Eric Woerth à Gérald Darmanin en passant par Bruno Le Maire ou Renaud Muselier, son espace politique s’est rétréci comme peau de chagrin. Les faméliques 4,8% obtenus par Valérie Pécresse lors de la dernière présidentielle l’ont sèchement acté dans les urnes.
Le canal historique de la droite, qui n’a plus grand-chose de la puissance de l’UMP d’hier, va bientôt se choisir un nouveau chef. Le casting des prétendants dit beaucoup de la perte de niveau et d’influence de cette famille politique, qui a été des décennies durant un acteur majeur de la Ve République. L’homme fort des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, le député du Lot Aurélien Pradié et le maire d’Orléans, Serge Grouard, font actuellement la course aux parrainages pour espérer candidater et succéder à Christian Jacob. Vous ne les connaissez pas tous ? C’est normal. Les rares poids lourds que compte encore le parti, ceux qui fantasment conduire une remontada en 2027, ont passé leur tour.
Opposition plus frontale, pas plus audible
Avec une soixantaine de députés à l’Assemblée, le groupe LR présidé par Olivier Marleix n’est plus, et de loin, la première force d’opposition. Après avoir voté plus de la moitié des textes